Afrique: Relance de l'industrie pharmaceutique locale - Les expériences du Burkina et de l'Inde sur les phyto-médicaments revisitées

24 Février 2026

Dans la mise en œuvre opérationnelle du Plan de relance de l'industrie pharmaceutique locale, Ugp/pharma tient depuis hier, lundi 23 février 2026, un atelier de restitution des missions de benchmark réalisées en Indonésie, en Inde et au Burkina Faso, afin de mieux structurer la recherche scientifique des phyto-médicaments au Sénégal. Des missions soutenues par Enabel.

La filière phyto-médicament au Sénégal n'est plus au stade informel ou expérimental. Selon le conseiller technique du ministre de la Santé et de l'Hygiène publique en Pharmacie, le dynamique scientifique structurée est déjà engagée et des pathologies prioritaires à forte morbidité nationale ont été identifiées dont dix-sept (17) projets de recherche validés, des équipes mixtes associant chercheurs universitaires, cliniciens et industriels ont été constituées, et des enquêtes ethnobotaniques encadrées ont été lancées.

Dans ce cadre, Mor Diagne estime que la collaboration avec les tradipraticiens ne relève plus d'une simple reconnaissance symbolique ; elle s'inscrit désormais dans une démarche méthodologique rigoureuse fondée sur la traçabilité des espèces, l'identification botanique certifiée, la caractérisation phytochimique des extraits, la standardisation des principes actifs et, à terme, la validation préclinique et clinique des formulations.

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«Les missions de benchmark menées en Indonésie, en Inde et au Burkina Faso ont confirmé que le succès d'une industrie phytopharmaceutique repose sur une structuration cohérente et intégrée. Dans ces pays, la pharmacopée nationale a été sécurisée, les procédures d'enregistrement adaptées ont été clairement définies, des plateformes technologiques de standardisation ont été mises en place et la collaboration avec les praticiens traditionnels a été institutionnalisée. Ces expériences montrent que la réussite ne tient pas uniquement à la richesse de la biodiversité, mais à la capacité de transformer cette richesse en stratégie scientifique, réglementaire et industrielle», a déclaré M. Diagne.

Et d'ajouter : «cet atelier doit marquer une étape décisive. Il ne s'agit pas uniquement de partager les enseignements des missions de benchmark, mais d'aligner les institutions, de consolider les priorités d'investissement, de préciser la feuille de route opérationnelle 2026-2028 et de structurer la mobilisation des partenaires techniques et financiers autour d'objectifs mesurables».

Grâce à l'appui d'ENABEL, les acteurs ont estimé que l'enjeu est désormais d'accélérer l'exécution et de passer d'une dynamique de structuration à une phase d'industrialisation maîtrisée.

L'OMS, pour sa part, a renseigné que la Médecine Traditionnelle Comtemplative et Intégrative demeure profondément enracinée dans les pratiques de soins. Elle estime qu'environ 80% de la population y recourt comme première option, notamment dans les soins de santé primaires.

Le Dr Guy Njambong, conseiller technique en charge de soutenir le système pharmaceutique au Sénégal et la surveillance post-marketing au sein de l'OMS, qui a accompagné la délégation sénégalaise en Indonésie et en Inde, estime que l'Afrique se distingue par des avancées supérieures à la moyenne mondiale en matière de cadres politiques et de gouvernance (WHO, 2019).

«Les progrès réalisés ces dernières années sont significatifs. Le nombre de pays disposant d'une politique nationale de Médecine Traditionnelle Comtemplative et Intégrative est passé de 8 en 1999/2000 à 40 en 2012 et reste stable en 2018, représentant 85 % des États membres de la région africaine. Le continent compte également 34 instituts spécialisés dans 26 pays (WHO Regional O ice for Africa, 2020). Dix-neuf pays produisent localement des médicaments traditionnels, et le nombre de produits enregistrés est passé de 53 à 89 dans 14 pays entre 2012 et 2020 » a-t-il souligné.

Et d'attester : «l'enjeu, aujourd'hui, est donc d'accélérer l'alignement avec la stratégie mondiale 2025-2034, de renforcer la recherche et la production locale, et de consolider la réglementation».

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