Ile Maurice: Maladie, fin de pension, chômage - La famille de Ryen lutte pour survivre

24 Février 2026

Vous vous souvenez de Ryen, ce jeune garçon qui vendait des gâteaux pour aider sa famille ? En septembre 2025, son histoire avait ému de nombreux Mauriciens. À seulement 13 ans, ce collégien d'Ébène parcourrait les rues pour soutenir sa mère malade et soeurs. Grâce à un grand élan de solidarité, sa famille avait pu payer le loyer, et recevoir de l'aide pour les courses et le matériel scolaire.

Quelques mois plus tard, la situation a de nouveau changé. À Queen-Victoria, Flacq, la famille traverse une nouvelle période difficile. Sa mère, Vimalah Chocalingum, est actuellement très affaiblie par plusieurs problèmes de santé. Elle explique qu'elle ne peut presque plus travailler. Rester debout longtemps lui est pénible et elle n'a plus la force de cuisiner comme avant. «Mo malad. Mo pa kapav tini debout lontan. Mo pa kapav fer gato ek pran komnn kouma avan», confie-t-elle.

Pourtant, après la publication de leur histoire, la famille avait reçu un grand soutien. Des Mauriciens avaient aidé à payer le loyer, offert des provisions et contribué à l'achat de matériel scolaire. Grâce à cette solidarité, ils avaient pu régler leur location et respirer un peu. Pendant un certain temps, les commandes de gâteaux arrivaient directement à la maison. Ryen n'avait plus besoin de parcourir les rues pour vendre. Mais peu à peu, les commandes ont diminué. Aujourd'hui, elles se sont presque arrêtées.

Un autre coup dur est venu s'ajouter à leurs difficultés : depuis novembre 2025, Vimalah ne reçoit plus la pension sociale d'environ Rs 4 000 qu'elle percevait. Cette somme était essentielle pour faire vivre la famille. Elle souhaite désormais entreprendre de nouvelles démarches pour tenter de récupérer cette aide. Le père de famille, libéré de prison le 18 décembre 2025, essaie de reprendre sa place et de soutenir les siens. Il cherche activement du travail. «Kan li gagn travay, li al fer mason. Sinon, pena travay», explique Vimalah. Mais, les petits contrats dans la maçonnerie sont rares et irréguliers. Certains jours, il travaille. D'autres, il rentre sans rien.

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La famille compte quatre enfants. Leur fille, en Grade 10, n'avait pas pu acheter ses livres pour la rentrée scolaire. Une dame lui a finalement offert ses manuels la semaine dernière. Un geste simple, mais qui a profondément touché la famille. Ryen, aujourd'hui en Grade 8, traverse aussi un moment délicat. Après avoir porté sur ses épaules de lourdes responsabilités à seulement 13 ans, il est moins optimiste. «So moral bien down», raconte sa mère. Elle fait de son mieux pour l'encourager et lui redonner confiance. Pour ses fournitures scolaires, plusieurs personnes ont contribué. Cahiers, stylos, matériel : ces aides restent gravées dans leur mémoire.

Malgré tout, Vimalah refuse de perdre espoir. Elle espère retrouver un peu de force pour recommencer doucement la préparation de gâteaux si sa santé s'améliore. Son plus grand souhait reste l'éducation de ses enfants. Elle veut qu'ils poursuivent leurs études et construisent un avenir plus stable. «Mo krwar dan mo bann zanfan. Mo krwar kiksoz pou sanze», dit-elle avec détermination. Entre maladie, absence de pension et travail instable, chaque jour est un défi pour cette famille de Flacq. Mais malgré les épreuves, elle continue d'avancer, unie.

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