Nombreux disent craindre que d'autres personnes ne suivent ou ne volent leurs données personnelles.
Key findings
- En moyenne dans les sept pays sondés, parmi les adultes qui accèdent au contenu Internet, une grande majorité (84%) déclarent le faire « tous les jours » ou « quelques fois par semaine ».
- Les téléphones portables sont le principal moyen d'accès à Internet (85%).
- Les jeunes adultes (18-35 ans) sont plus susceptibles d'être des utilisateurs réguliers d'Internet (87%) que les cohortes plus âgées (74%-83%).
- Plus de huit répondants sur 10 (82%) déclarent s'informer « quelques fois par semaine » ou « tous les jours » via les réseaux sociaux. Par ailleurs, la moitié (51%) affirment consulter régulièrement d'autres sites Internet.
- Plus de la moitié (52%) se disent préoccupés par la sécurité de leurs informations personnelles en ligne, et 81% pensent que les téléphones portables sont plus vulnérables aux activités nuisibles en ligne que les ordinateurs et autres appareils.
- Seul environ un tiers (32%) des répondants disent qu'ils connaissent « quelque peu » (22%) ou « beaucoup » (10%) les outils et les compétences pour protéger leur vie privée et leurs informations numériques.
- L'utilisation des outils et pratiques de protection par les internautes est très variable : o Plus de sept personnes sur 10 (72%) disent utiliser des mots de passe forts pour protéger leurs informations en ligne, bien que seulement environ la moitié (52%) des Béninois fassent cette affirmation.
- D'autres mesures de sécurité sont beaucoup moins fréquemment utilisées, notamment l'authentification à deux facteurs (33%), les logiciels antivirus (30%) et les réseaux privés virtuels (VPN) (21%).
- Plus des deux tiers des répondants déclarent ne pas avoir cliqué sur des liens inconnus (68%) ni téléchargé de fichiers provenant de sources inconnues (70%) au cours de l'année précédente.
- Les jeunes et les hommes déclarent utiliser davantage la plupart des outils de sécurité en ligne, tandis que les adultes plus âgés et les femmes sont plus prudents lorsqu'il s'agit de cliquer sur des liens suspects ou de télécharger des fichiers inconnus.
- La plupart des répondants s'appuient sur les médias sociaux (60%) et sur leurs amis et leur famille (62%) pour s'informer sur les outils de sécurité en ligne.
- Moins de la moitié se tournent vers les vidéos/tutoriels en ligne (48%), les articles/sites Web d'actualité (32%) et les ressources sur le lieu de travail (29%) comme sources d'information sur la sécurité en ligne.
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En Afrique, l'utilisation d'Internet et des réseaux sociaux a connu une forte croissance ces dernières années, notamment chez les jeunes. Sur le continent, l'accès à Internet progresse deux fois plus vite que la moyenne mondiale (Agence Ecofin, 2025), même si le taux de pénétration - le pourcentage de la population utilisant Internet - varie considérablement d'un pays à l'autre, allant de la quasi-universalité (92%) au Maroc à moins de 15% au Burundi et au Tchad (Statista, 2025).
Cette progression rapide a engendré d'importants bénéfices socio-économiques, tels que l'accès aux services de paiement mobile pour les populations auparavant exclues du système bancaire, une sécurité accrue des transactions financières (GSM Association, 2020), des outils de lutte contre la corruption et une confiance renforcée dans l'administration fiscale (Ouedraogo & Sy, 2020).
Mais la connectivité en ligne n'est pas sans risques. L'évaluation des cybermenaces en Afrique par Interpol met en lumière une augmentation rapide de la cybercriminalité, notamment des rançongiciels, de l'extorsion numérique et des escroqueries en ligne (Interpol, 2024). Pour de nombreux internautes, les plateformes de médias sociaux constituent la principale source d'information et d'actualités, ce qui accroît leur exposition à la désinformation, aux escroqueries, aux violations de données et à l'extorsion en ligne.
Bien que la croissance de la présence en ligne ne se soit pas encore traduite par une augmentation équivalente de la sensibilisation à la sécurité en ligne ou de la culture numérique (Fikre, 2025), les gouvernements africains ont commencé à prendre des mesures pour sensibiliser et protéger leurs citoyens ainsi que les infrastructures critiques contre les activités malveillantes en ligne. Un nombre croissant de pays élaborent et mettent en oeuvre des stratégies nationales de cybersécurité, des cadres juridiques et des politiques pertinentes.
Par exemple, la stratégie de cybersécurité du Kenya privilégie la sécurité nationale et la sécurité des Kenyans en ligne (République du Kenya, 2025), tandis que celle du Ghana se concentre sur la sécurisation des initiatives de numérisation du pays, notamment les systèmes d'identification nationale et d'adressage numérique (République du Ghana, 2024). Certains gouvernements ont lancé des initiatives nationales pour sensibiliser la population et promouvoir des comportements plus sûrs en ligne.
Au Malawi, une campagne nationale lancée à l'occasion du Mois de la sensibilisation à la cybersécurité a souligné l'importance de la sensibilisation aux menaces numériques et des bonnes pratiques de sécurité en ligne (TechAfrica News, 2025). De même, au Rwanda, le gouvernement travaille avec les écoles pour dispenser un enseignement sur la cybersécurité et sensibiliser aux risques en ligne (Irasubiza, 2025).
Afin d'alimenter ce débat et d'éclairer les politiques publiques, Afrobarometer a mené une enquête téléphonique auprès d'internautes adultes dans sept pays africains en 2024. L'objectif était d'explorer leur présence numérique et leur sensibilisation à la cybersécurité, notamment leur compréhension des menaces numériques et leur utilisation des outils et pratiques de sécurité en ligne.
Les résultats montrent que si la plupart des personnes interrogées accèdent fréquemment à Internet, beaucoup méconnaissent des mesures de sécurité numérique et les appliquent de manière irrégulière, voire pas du tout. Pour s'informer sur la sécurité en ligne, les internautes ont tendance à privilégier les réseaux informels - tels que les médias sociaux et les relations personnelles - plutôt que les programmes éducatifs ou les formations formelles.
Sensibiliser les citoyens à la sécurité en ligne est une étape essentielle pour bâtir une communauté numérique plus informée, résiliente et responsable (Natif, 2025). Toutefois, de réels progrès dépendent de la mise en oeuvre concrète de cette sensibilisation et de l'adoption active par les citoyens de mesures de sécurité en ligne, ainsi que du renforcement et de l'application des cadres juridiques régissant les activités sur Internet (Okuku et al., 2015).hape effective policies.