Le Premier ministre sénégalais a porté à la tribune parlementaire les sévères réserves formulées par l'économiste américain à l'endroit du Fonds monétaire international. Au-delà d'une dénonciation conjoncturelle, son intervention s'inscrivait dans une réflexion plus large sur la souveraineté financière et le modèle de développement du continent africain.
Lors de la séance des questions d'actualité au gouvernement qui s'est tenue hier, mardi 24 février 2026, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a livré une intervention à forte portée politique et symbolique. Dépassant le cadre strictement national, son propos s'est adressé à l'ensemble du continent africain, interrogeant le rapport structurel de l'Afrique à l'endettement et aux institutions financières internationales.
Au cœur de son argumentaire figurent des déclarations attribuées à l'économiste américain Jeffrey Sachs, professeur à l'Université Columbia et figure influente des débats internationaux sur le développement. Les deux hommes se seraient entretenus à Addis-Abeba, au siège de l'Union africaine, en marge d'échanges consacrés à l'avenir économique du continent.
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Selon le chef du gouvernement sénégalais, Jeffrey Sachs aurait exprimé une critique sans équivoque du Fonds monétaire international (FMI), l'accusant de ne pas œuvrer prioritairement au développement des économies africaines. Il aurait, au contraire, soutenu que l'institution contribuerait à maintenir ces États dans une situation de dépendance financière et de sujétion politique. Une formule particulièrement percutante a été rapportée : « Ce qui intéresse le FMI, c'est que vous restiez pauvres et sages. »
Structurant son propos autour du concept de « dette odieuse », Ousmane Sonko a rappelé qu'il s'agit d'une notion juridique désignant une dette contractée par un régime sans bénéfice réel pour sa population. À ses yeux, certains mécanismes d'endettement imposés aux pays africains relèveraient d'une logique d'asphyxie structurelle, limitant leur capacité à investir dans des politiques publiques ambitieuses et à affirmer pleinement leur souveraineté économique.
Le Premier ministre a ainsi mis en garde contre une orthodoxie budgétaire qu'il juge excessive lorsqu'elle est dictée de l'extérieur, estimant que l'Afrique ne saurait compromettre ses perspectives de transformation économique au nom d'exigences financières qui entravent sa dynamique de croissance.
Au-delà de la critique adressée au FMI, son intervention traduit une volonté d'inscrire le débat dans une perspective continentale. Il a plaidé pour une élévation du niveau d'ambition collective et pour l'élaboration d'une vision stratégique capable de repositionner l'Afrique au cœur des dynamiques économiques mondiales.
Ces prises de position interviennent dans un contexte marqué par une contestation croissante, sur le continent, des conditionnalités associées aux financements des institutions de Bretton Woods.
Plusieurs États africains explorent désormais des voies alternatives, diversifient leurs partenaires et cherchent à renégocier les modalités de leur endettement. Les déclarations relayées par Ousmane Sonko, confortées par l'autorité académique de Jeffrey Sachs, pourraient contribuer à nourrir durablement ce débat essentiel sur l'avenir économique de l'Afrique.