Sénégal: Réponse aux questions d'actualité au gouvernement - Le député Mbaye Dione dit rester sur sa faim

25 Février 2026

À l'issue de la séance des questions d'actualité au gouvernement, le député non-inscrit Mbaye Dione a exprimé une satisfaction mesurée, tout en soulignant de profondes divergences sur les réponses apportées par le chef du gouvernement Ousmane Sonko qui était hier mardi à l'assemblée nationale dans le cadre des questions d'actualité adressées au gouvernement.

Si certaines préoccupations ont, selon lui, trouvé un début d'éclaircissement, notamment sur la dette publique, d'autres sujets majeurs demeurent sans réponses convaincantes.

Interpellant le gouvernement sur la situation financière du pays, Mbaye Dione a évoqué l'échéance imminente de 747 milliards d'eurobonds contractés sous les régimes précédents. Une charge lourde d'après le député non-inscrit « pour les finances publiques, dans un contexte économique déjà tendu. »

« Jusqu'à présent, l'État du Sénégal a réussi à gérer la dette au quotidien, mais un défaut de paiement pourrait changer la donne », a-t-il averti. Le parlementaire affirme avoir obtenu des éléments de réponse du ministre des Finances sur les mécanismes envisagés pour honorer ces engagements. Toutefois, il estime que la question du financement de l'économie reste entière.

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Pour le responsable politique de l'Alliance des Forces du Progrès, « même en l'absence de restructuration formelle de la dette, le pays doit impérativement trouver des marges financières pour soutenir les infrastructures et les secteurs productifs. »

Le député a également évoqué la situation préoccupante de la campagne agricole. Il a rappelé que l'État, par le biais de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), a acquis 180 000 tonnes d'arachide, alors que l'objectif initial était fixé à 450 000 tonnes.

« Si vous allez dans le Saloum, vous vous rendrez compte que les paysans n'ont même pas senti ces achats », a-t-il déclaré. S'il reconnaît que le Premier ministre a répondu « sur la forme », Mbaye Dione regrette toutefois, « une absence de solutions structurelles pour soutenir durablement les producteurs. »

Sur la relance de l'économie, le député se dit particulièrement déçu. Pour lui, la reprise passe nécessairement par les secteurs productifs, notamment l'industrie et le bâtiment et travaux publics (BTP), qu'il décrit comme étant quasiment à l'arrêt. « Le BTP est un secteur qui pourvoit beaucoup de richesses et d'emplois. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes ont perdu leur travail. Le chômage est devenu chronique », a-t-il insisté.

Il a également pointé le décalage entre les annonces gouvernementales et le ressenti des populations. « Quel que soit le niveau de baisse des prix, si vous n'avez pas de revenus, vous ne pouvez pas consommer », a-t-il martelé.

Autre sujet de préoccupation auquel a abordé M. Mbaye, la situation dans les universités où il a déploré la dissolution des amicales étudiantes, estimant qu'un dialogue crédible ne peut se tenir sans interlocuteurs reconnus.

« On ne peut pas dire qu'on dialogue avec les étudiants alors que les amicales ont été dissoutes. Pour discuter, il faut des représentants légitimes », a-t-il plaidé. Il appelle en ce sens à la restauration des présidents d'amicales afin de poser les véritables problèmes et d'aboutir à des solutions concrètes.

Mbaye Dione est également revenu sur le boycott observé par des députés de l'opposition parlementaire, dénonçant « un comportement irresponsable » de certains députés de la majorité.

Il a notamment cité le cas du député Alioune Dieye, accusé de s'en être pris à la députée Anta Babacar Ngom ainsi qu'à ses parents. « C'est ce que nous regrettons », a-t-il conclu, appelant à davantage de respect et de responsabilité dans les débats parlementaires.

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