Burkina Faso: Systèmes de production agroécologique - Un outil d'évaluation en mooré, gulmatchéma et dioula disponible

25 Février 2026

L'association pour la recherche et la formation en agroécologie a organisé un atelier de pré-test et de validation de l'outil d'évaluation des systèmes de production agro-sylvo-pastorale et halieutique (AVACLIM), traduit en mooré, gulmatchéma et dioula, mardi 24 février 2026, à Ouagadougou.

Pour faciliter l'appropriation des principes de l'agroécologie par les communautés rurales, en levant la barrière linguistique qui freine souvent la compréhension et l'usage des outils techniques, l'association pour la recherche et la formation en agroécologie (ARFA) est à l'avant-garde. En effet, elle a organisé un atelier de pré-test et de validation de l'outil d'évaluation des systèmes de production agro-sylvo-pastorale et halieutique (AVACLIM), traduits en mooré, gulmatchéma et dioula, mardi 24 février 2026, à Ouagadougou.

Cet atelier a réuni des traducteurs, des spécialistes des langues nationales, des personnes ressources, des organisations partenaires, des producteurs agroécologiques et l'équipe technique de l'ARFA. L'objectif de la rencontre, selon les organisateurs, vise à garantir la cohérence terminologique, la clarté des formulations et la fidélité des traductions par rapport à la version originale en français.

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Pour le Président du conseil d'administration (PCA) de l'ARFA, Mathieu Savadogo, l'outil AVACLIM a été conçu pour permettre aux paysans d'analyser eux-mêmes l'impact de leurs pratiques agricoles sur les rendements, les conditions de vie, l'environnement et les dynamiques communautaires. Il a souligné que cette validation en langues nationales s'inscrit dans une dynamique nationale de valorisation des langues locales comme langues de travail, tout en reconnaissant le rôle central des producteurs, premiers acteurs du développement agroécologique.

Un programme de formation en vue

« Une fois validé, l'outil fera l'objet d'un programme de formation en cascade », a-t-il expliqué. Mathieu Savadogo a ajouté que des paysans formateurs seront d'abord outillés avant de transmettre, à leur tour, les connaissances à d'autres producteurs sur le terrain. Le PCA de l'ARFA a également indiqué que cette approche a pour but de renforcer durablement le suivi et l'analyse des systèmes de production agro-sylvo-pastorale et halieutique, au bénéfice du plus grand nombre d'acteurs du monde rural.

Le chercheur au Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Dr Fabèkourè Cédric Kambiré, a soutenu que la traduction de l'outil en langues nationales constitue une condition essentielle de son appropriation par les producteurs et les techniciens. Il a rappelé que la recherche scientifique ne produit un impact réel que lorsque ses résultats sont accessibles aux bénéficiaires finaux. « La validation participative renforce ainsi la pertinence scientifique de l'outil et son ancrage communautaire, dans un contexte national marqué par la quête de souveraineté alimentaire », a-t-il fait savoir.

Le producteur Harouna Compaoré, engagé dans la transition agroécologique, a exprimé sa satisfaction face à l'outil. « Je considère l'outil comme une référence majeure pour les producteurs. Il va faciliter l'apprentissage et l'appropriation des concepts, tout en intégrant des dimensions souvent négligées, telles que la santé du producteur, le bien-être, la préservation de l'environnement et les retombées économiques », a-t-il laissé entendre.

A travers cette démarche inclusive, l'ARFA et ses partenaires entendent contribuer à rapprocher la science des communautés rurales, tout en renforçant les bases d'une agriculture durable, résiliente et ancrée dans les réalités locales du Burkina Faso.

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