Cameroun: Drogue détournée au pays - Un chef de la police judiciaire limogé

25 Février 2026

Six cent millions de francs CFA de drogue saisis. Puis disparus. Un commissaire divisionnaire relevé de ses fonctions.

La police camerounaise traverse une tempête interne sans précédent.

Un haut gradé suspendu après la disparition d'une cargaison

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Le commissaire divisionnaire Amadou, directeur régional de la Police Judiciaire du Littoral, n'est plus en fonction. La décision émane directement du Délégué Général à la Sûreté Nationale, Martin Mbarga Nguele. Motif officieux mais documenté par les premières investigations : un soupçon de détournement de scellés portant sur une importante saisie de stupéfiants. La valeur de la marchandise disparue est estimée à près de 600 millions de FCFA.

Une saisie enregistrée qui s'évapore avant destruction

Les faits remontent à une opération de lutte contre le trafic de drogue. La cargaison illicite avait été régulièrement interceptée, inventoriée et consignée dans les registres administratifs. La procédure standard impose ensuite la destruction par incinération. C'est à ce stade que le stock a mystérieusement disparu. La question centrale est désormais de savoir qui a pu ordonner ou permettre ce détournement sans éveiller immédiatement les soupçons.

Des subordonnés menacés qui retournent leur veste

Le déclencheur de l'affaire vient de l'intérieur. Des éléments de la Police judiciaire, initialement dans le viseur de leur hiérarchie pour d'éventuelles sanctions disciplinaires allant jusqu'à la radiation, ont choisi de parler. Leurs déclarations mettent en cause directement leur supérieur, le commissaire Amadou. Ce retournement a provoqué l'ouverture d'investigations internes et, finalement, la suspension du chef de division. La procédure disciplinaire laisse désormais place à une enquête qui pourrait devenir judiciaire.

Le concept de chaîne de conservation des scellés en question

Cette affaire met en lumière un maillon faible des procédures pénales : la chaîne de conservation des pièces à conviction. Une fois saisie, la drogue devient un scellé, théoriquement placé sous haute surveillance jusqu'à sa destruction. Chaque mouvement doit être tracé, chaque responsable identifié. La disparition de 600 millions de FCFA de stupéfiants suggère soit une faille systémique dans ces protocoles, soit une complicité active à plusieurs niveaux de la hiérarchie.

L'impact immédiat sur la crédibilité des forces de l'ordre

À court terme, cette affaire porte un coup dur à l'image des services spécialisés dans la répression du trafic. Comment justifier des opérations de saisie si la marchandise confisquée retourne ensuite dans le circuit ? La population, première témoin des efforts affichés par les autorités, peut légitimement douter de l'intégrité du système. À long terme, ce dossier pourrait accélérer une réforme des mécanismes de contrôle interne. La crédibilité de la lutte contre les stupéfiants au Cameroun est désormais suspendue aux conclusions de l'enquête.

Le silence officiel et les questions qui demeurent

Aucune communication officielle détaillée n'a encore été publiée. On ignore si des poursuites pénales seront engagées ou si l'affaire restera au stade disciplinaire. On ne sait pas non plus si la drogue a déjà été écoulée ou si elle est simplement déplacée. Une certitude demeure : un responsable policier de haut rang a été sacrifié sur l'autel de l'exemplarité. Reste à savoir s'il sera le seul.

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