Les États-Unis vont mettre fin à leurs programmes d'assistance sanitaire au Zimbabwe après que Harare s'est retiré des négociations sur un projet d'accord bilatéral.
Selon l'ambassade des États-Unis au Zimbabwe, l'accord aurait fourni 367 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir le traitement et la prévention du VIH/sida, la tuberculose, le paludisme et la préparation aux épidémies.
L'ambassadrice des États-Unis, Pamela Tremont, a déclaré que cette décision faisait suite à la décision du Zimbabwe d'interrompre les négociations. Elle a ajouté que le gouvernement avait indiqué qu'il était prêt à maintenir ses programmes de santé de manière indépendante.
Une lettre datée du 23 décembre et signée par le secrétaire aux affaires étrangères et au commerce du Zimbabwe montre que le président Emmerson Mnangagwa a ordonné à ses fonctionnaires d'interrompre les négociations, craignant que le protocole d'accord ne compromette la souveraineté nationale.
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Dans le cadre de l'accord proposé, le Zimbabwe devait augmenter progressivement le financement national des soins de santé.
L'administration américaine cherche à conclure des accords bilatéraux similaires dans le domaine de la santé en Afrique. Elle a signé des accords avec plus d'une douzaine de pays, dont le Kenya et le Nigeria.
Au Kenya, un tribunal a temporairement gelé un accord de santé de 2,5 milliards de dollars et interdit aux autorités de partager des données médicales et personnelles avec les États-Unis dans l'attente d'un examen.
Points clés à retenir
L'échec de l'accord avec le Zimbabwe est le signe d'une tension entre les préoccupations de souveraineté et le financement de la santé soutenu par les donateurs en Afrique. Les programmes financés par les États-Unis ont joué un rôle dans la lutte contre le VIH et les maladies infectieuses sur l'ensemble du continent.
L'arrêt de l'aide pourrait accroître la pression fiscale sur le Zimbabwe, qui est confronté à une marge de manœuvre budgétaire limitée et à des contraintes économiques permanentes. Dans le même temps, les gouvernements évaluent la gouvernance des données et l'autonomie politique dans les accords bilatéraux. L'examen juridique au Kenya reflète les préoccupations relatives à la protection des données et à la transparence.
Pour le Zimbabwe, le maintien des programmes de lutte contre les maladies sans financement extérieur mettra à l'épreuve les finances publiques. Pour Washington, cet épisode met en évidence les limites de la diplomatie bilatérale en matière de santé lorsque des considérations politiques interviennent. Le changement suggère que la coopération en matière de santé pourrait devenir plus transactionnelle, le financement étant lié à des engagements politiques plus larges et à des accords de partage de données.