Ile Maurice: Selon un médecin, un transfert plus rapide à l'hôpital aurait pu changer la donne

26 Février 2026

La séance de ce mercredi 25 février devant la commission d'enquête présidée par l'ancien juge Paul Lam Shang Leen a replacé la question de la prise en charge médicale au centre des débats. Plusieurs professionnels de santé des services pénitentiaires, ainsi que des responsables du volet social et des policiers, ont été entendus au sujet des événements du 9 décembre 2025 à l'Eastern High Security Prison de Melrose.

Le plus ancien médecin des prisons a livré un témoignage marquant. Informé en fin d'après-midi de l'état d'Andy Selmour, il a indiqué avoir recommandé son transfert immédiat vers l'hôpital de Rose-Belle, estimant qu'un traumatisme crânien n'était pas à écarter et qu'une évaluation spécialisée s'imposait.

Selon lui, en cas de suspicion de choc à la tête, les protocoles exigent une surveillance étroite, un contrôle régulier des signes vitaux et, si nécessaire, un scanner en milieu hospitalier. Il a laissé entendre qu'un transfert rapide aurait pu améliorer les chances de survie.

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Plus tôt dans la journée, vers 14 h 30, Selmour s'était présenté à l'infirmerie après l'agression. Il avait été examiné puis renvoyé à sa cellule avec un traitement local pour ses plaies. Il serait revenu par la suite, transporté par des codétenus, présentant des ecchymoses plus visibles. Contacté, le médecin a alors insisté pour un transfert d'urgence. Celui-ci n'a pas eu lieu.

Un Prison Health Officer a, pour sa part, reconnu les limites du dispositif médical en prison. Seul au moment critique, il a expliqué la difficulté de gérer un patient dont l'état se dégrade. Il a également évoqué le manque d'équipements adaptés aux situations vitales et indiqué que le SAMU avait dû patienter environ 25 minutes avant d'obtenir l'autorisation d'accès.

En début de soirée, l'état de Selmour s'est brusquement détérioré. Il ne répondait plus. Malgré l'intervention des secours, son décès a été constaté.

Les auditions ont aussi mis en lumière des difficultés structurelles : effectifs médicaux réduits, absence de médecin à certaines heures et problèmes de coordination interne. Autant d'éléments que la commission devra examiner pour déterminer si des manquements ont contribué à cette issue tragique.

Les auditions se poursuivent ce jeudi 26 février.

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