En pleine période de Ramadan et de Carême, l'Association « Fih sabillilah » pour la résilience territoriale (Fret) a remis, ce mercredi 26 février, des kits alimentaires aux ménages vulnérables de Djibélor. D'un montant global de 585 250 F Cfa, ce don composé de riz, de sucre et d'huile vise à soulager d'anciens malades de la lèpre, aujourd'hui guéris mais toujours confrontés à une grande précarité sociale et économique.
À Djibélor, ancien village de reclassement social devenu une bourgade ordinaire après l'abrogation de la loi sous le régime du Président Macky Sall, la vulnérabilité reste une réalité quotidienne pour de nombreux ménages. Si la maladie appartient désormais au passé pour plusieurs habitants, ses séquelles physiques et sociales persistent. Beaucoup d'anciens malades, parfois mutilés par la lèpre, peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
C'est dans ce contexte que l'Association « Fih sabillilah » pour la résilience territoriale (FRET) a procédé à la distribution de 19 sacs de riz de 50 kg, quatre sacs de sucre de 50 kg et 38 bidons d'huile de cinq litres, pour une enveloppe totale de 585 250 F Cfa. Un geste certes modeste au regard des besoins, mais hautement symbolique pour ces familles. Membre active de FRET et actrice de développement à Ziguinchor, Mame Oumy Manga Ciss explique le sens de cette initiative pour le fait que ces ménages ont toujours besoin d'être soutenus.
« En ce mois béni de Ramadan et de Carême, nous avons estimé qu'il était de notre devoir d'accompagner les populations de Djibélor. Ces ménages vivent dans une grande précarité, en raison notamment des conséquences liées à la lèpre.
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Même guéris, ils demeurent vulnérables et ont besoin du soutien de tous. À travers ces denrées, nous voulons leur exprimer notre solidarité, même si nous sommes conscientes que cela ne couvre pas tous les besoins », a indiqué Mme Ciss. À Djibélor Carrière, cette action a été saluée par les bénéficiaires. Le chef de village, Emmanuel Sambou, n'a pas caché son soulagement. « Ce don nous soulage énormément.
En cette période de Ramadan et de Carême, recevoir un tel appui est un véritable réconfort. Nous exprimons toute notre reconnaissance à FRET pour cet élan de solidarité », s'est réjoui le représentant du Chef de l'État dans ce village de la commune de Niaguis.
Ainsi, M. Sambou insiste sur la fragilité persistante de certains habitants. « Plusieurs personnes âgées portent encore les séquelles physiques de la lèpre et éprouvent d'énormes difficultés à subvenir à leurs besoins. Pour elles, chaque soutien compte. Ce geste arrive à point nommé et allège un poids considérable sur nos épaules », a-t-il magnifié. Présent lors de la cérémonie, le directeur régional de l'Action sociale de Ziguinchor, Seydou Nourou Thiam, a salué l'engagement de l'association.
« FRET, qui existe depuis trois ans, s'illustre par son engagement constant en faveur du développement et de la solidarité. Ses membres cotisent chaque vendredi à hauteur de 100 F Cfa, soit 1 200 F Cfa par mois. C'est une initiative remarquable, née à l'origine de l'engagement de trois femmes », a-t-il révélé, rappelant également l'importance de l'accompagnement institutionnel. « À Djibélor, l'Association a remis des denrées alimentaires pour un montant de 585 250 F Cfa. Ce n'est qu'un premier pas, mais il mérite d'être salué.
L'État, à travers nos services, continue d'accompagner Djibélor et Teubi, deux villages qui ont accueilli des malades de la lèpre. Nous restons ouverts à toute bonne volonté souhaitant renforcer cet élan de solidarité en faveur de ces anciens malades », a précisé Seydou Nourou Thiam.
Au-delà de la distribution ponctuelle, cette action met en lumière la situation toujours fragile des anciens villages de reclassement social. Entre stigmates du passé, difficultés économiques et manque d'opportunités, les habitants de Djibélor continuent de lutter pour une intégration pleine et entière. Dans ce combat silencieux, chaque geste de solidarité devient une lueur d'espoir.