Ile Maurice: Vers une montagne des Signaux plus verte et plus résiliente

26 Février 2026

La montagne des Signaux est fréquemment affectée par des incendies de forêt, en particulier durant la saison sèche. La forte présence d'espèces envahissantes, notamment d'arbustes qui brûlent facilement, favorise la propagation du feu sur le site, indique Zayd Jhumka, Acting Deputy Conservator of Forests. Seule une partie échappe aux flammes, car elle est protégée par un dispositif de coupe-feux, c'est-à-dire une bande où la végétation est enlevée pour empêcher le feu de se propager d'un point à un autre.

Ces incendies répétés ne sont pas sans conséquences sur l'écosystème. Dans ce cas, selon Zayd Jhumka, «l'idéal serait de protéger l'ensemble de la montagne». Il explique que lorsqu'elle prend feu, la végétation disparaît et les terres se retrouvent exposées à l'érosion. Le sol fertile en surface est alors progressivement perdu, ce qui augmente aussi les risques d'éboulements et de glissements de terrain. Les mauvaises herbes, inflammables, aggravent cette situation et accélèrent la dégradation des sols.

Pour tenter de freiner cette dégradation, durant plusieurs décennies, des tentatives de reboisement ont été entreprises sur la montagne, souligne-t-il. Toutefois, les incendies répétés ont détruit la majorité des plantations. Parallèlement, les espèces envahissantes repoussent rapidement durant la saison des pluies, créant ainsi un véritable cercle vicieux.

Nouvelle stratégie

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Face à cette situation, les autorités ont revu leur stratégie de restauration. «Nous avons commencé à replanter tout en mettant en place des fire breaks, où l'on enlève la végétation afin que le feu ne puisse pas traverser d'une zone à l'autre. La parcelle protégée par ce système est d'environ 20 hectares», soutient Zayd Jhumka. À l'intérieur de cette zone de restauration, d'autres plantes sont progressivement introduites pour renforcer la résilience de l'écosystème.

La nouvelle approche privilégie la plantation d'espèces indigènes - espèces locales - afin de restaurer durablement la montagne. Des arbres fruitiers adaptés au climat sec et aux conditions locales seront également introduits dans l'objectif de bénéficier aux habitants de la région.

Des espèces mellifères - plantes qui produisent du nectar ou du pollen en quantité suffisante pour attirer et nourrir les pollinisateurs - seront aussi replantées pour attirer les abeilles et encourager le développement de l'apiculture, en collaboration notamment avec le département d'entomologie, qui fournit certaines espèces à réintroduire.

Les autorités insistent également sur l'importance d'éviter les espèces envahissantes, afin de ne pas recréer les mêmes problèmes. Le responsable forestier rappelle qu'à chaque campagne de plantation, la mise en place de coupe-feux est indispensable. Sans eux, les plantations risquent d'être entièrement détruites lors des incendies.

Pour renforcer et élargir ces efforts de restauration, un nouveau projet est lancé. Celui-ci s'inscrit dans le cadre de l'initiative Mainstreaming Sustainable Land Management and Biodiversity Conservation in the Republic of Mauritius, soutenu par le Global Environment Facility (GEF) et mise en œuvre par le ministère de l'Agro-industrie, incluant les Forestry Services, avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Dans ce contexte, il est prévu de restaurer et de reboiser 15 hectares additionnels de la montagne et de réaliser environ quatre kilomètres supplémentaires de coupe-feux.

Pour l'heure, entre cinq et dix kilomètres de coupe-feux ont été aménagés sur la montagne, en fonction des ressources disponibles, contre près de 20 kilomètres auparavant. «Si nous avions davantage de fire breaks, une plus grande partie de la montagne serait protégée», fait ressortir Zayd Jhumka.

D'ajouter que le manque de ressources reste un défi majeur, d'où la volonté de renforcer les partenariats avec les organisations non gouvernementales et le secteur privé. «Nous souhaitons collaborer davantage. Plus nous avons de partenariats public-privé, plus nous pourrons atteindre notre objectif.» Il rappelle que des collaborations ont déjà eu lieu dans le passé, avec plus de 1 000 plantes mises en terre grâce à l'appui du secteur privé.

Le projet devrait s'achever avant le mois de juin, la période idéale de plantation restant la saison des pluies, plus favorable à l'enracinement des jeunes plants. Outre, la protection des sols contre l'érosion, les éboulements et les glissements de terrain, restaurer ces terres fortement dégradées contribue aussi à la lutte contre les gaz à effet de serre ainsi qu'à l'adaptation aux effets du changement climatique et au renforcement de la biodiversité, relève Zayd Jhumka.

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