Sénégal: Ramadan - Dakar submergée par les déchets après la rupture du jeûne

26 Février 2026

Chaque soir, les rues et places de Yoff se transforment en décharges improvisées. Sachets plastiques, gobelets et restes alimentaires jonchent le sol, révélant l'ampleur du défi de la gestion des déchets pendant le mois sacré du Ramadan.

Dès que l'Adhân (appel à la prière) du Maghreb retentit à Yoff, c'est une véritable effervescence. Les gens se pressent pour rompre leur jeûne. Dans beaucoup de coins, des jeunes, souvent sans travail, tenant de petites calebasses, sollicitent des pièces pour offrir un café chaud, du pain beurre ou du pain au chocolat aux jeûneurs.

Chauffeurs de taxi, commerçants et passants profitent, eux aussi, de ce moment pour rompre leur jeûne, improvisant un repas sur les trottoirs ou à l'ombre des mosquées. « C'est un moment où tout le monde se retrouve, où on partage un peu de chaleur humaine », confie Mohamed Mbaye, un habitant de Dagoudane. L'homme d'une vingtaine d'années se plante tous les jours, vers 18h, au garage de Yoff pour demander aux passants un billet ou une pièce d'argent afin de s'occuper des jeûneurs à l'heure de la rupture. « C'est un moment que je ne rate jamais.

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C'est un « ndogou » gratuit », savoure Abdoulaye Sall, mécanicien qui connaît bien l'heure du partage. Mais, quelques minutes à peine après ces instants de solidarité, les lieux publics se transforment en montagnes de détritus. À la Place Mamadou Diop de Yoff, au marché Grand-Yoff, à la Place de l'Indépendance ou encore à la Médina, sachets plastiques, gobelets, emballages alimentaires et restes jonchent le sol.

Les marchés, notamment celui de Sandaga ou des Hlm, deviennent des points chauds où invendus et déchets s'accumulent avant le passage des agents municipaux. « On fait ce qu'on peut avec les jeunes bénévoles. On ramasse les déchets, mais il y en a tellement que, parfois, on a l'impression de se battre contre la mer », explique Mamadou Diop, un des initiateurs des repas à la rupture du jeûne à Yoff.

Les chauffeurs de taxi eux-mêmes observent le phénomène. « Après la rupture, il y a des gens partout, des enfants, des vendeurs...et quand ils partent, le sol devient un vrai dépotoir. « On voit bien le travail des agents municipaux, mais c'est un défi énorme », souligne Cheikh Wade, chauffeur de taxi « Yango » depuis plus de deux ans. Ce phénomène révèle le paradoxe du Ramadan : une période de ferveur religieuse et de solidarité, qui coexiste avec un réel défi environnemental.

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