La première partie du dossier Tiegnan II a pris fin à l'audience du jeudi 26 février 2026 au TGI Ouaga I. A cette occasion, le parquet s'est intéressé aux sources de revenus, aux investissements et à l'état actuel des finances de Yé Yaké Camile, sur qui pèsent trois infractions : détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite. Le procès se poursuit ce matin.
Lydie Bonkoungou, mise en cause pour complicité de détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux dans le dossier Yé Yaké Camille et Cie, est la première à comparaître à l'entame de l'audience du 26 février 2026. Concernant les infractions qui lui sont reprochées, la prévue dira : « Je ne reconnais pas les faits. J'ai juste exécuté une tâche qu'on m'a confiée, sans connaissance de cause ».
Et son conseil ainsi que l'AJE de l'interroger sur le fondement des accusations. En réponse, la prévenue a indiqué qu'à la fin de l'élaboration du rapport annuel de performance 2023 du ministère de l'Action humanitaire, elle aurait payé 30 personnes à raison de 300 mille par chacun. Et d'ajouter qu'elle, comme tous les autres participants à l'activité, source de son accusation, ont perçu individuellement 300 000F. En conséquence, ces 300 000 ne peuvent pas assurer le payement de biens mobiliers et immobiliers, selon elle.
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A sa suite, le principal prévenu dans cette affaire est appelé à la barre. Son identité : Yé Yaké Camille, sur qui pèsent trois chefs d'accusations : détournement de deniers publics, enrichissement illicites et blanchiment de capitaux. Le concernant, si la question de la chambre correctionnelle du TGI Ouaga I, en sa spécialité ECOFI en charge de ce dossier, visait à savoir s'il reconnaissait ou non les faits qui lui sont reprochés, le ministère public, pour sa part, s'est intéressé aux revenus gagnés par le prévenu de 2021 à 2024, mais aussi a oeuvré à rechercher la corrélation entre lesdits revenus et les biens acquis par le sieur Yé.
Pour ce faire, le parquet l'a interrogé sur les sources de ses revenus, les investissements qui en sont issus et les biens acquis. A propos des biens du prévenu, l'un a attiré l'attention du procureur. Il s'agit de l'auberge en construction à Borgo, dont le sieur Yé évalue les investissements à 130 millions. Mais le ministère public n'avait pas épuisé ses questions.
Et de lui demander la raison pour laquelle les travaux de ladite auberge et ceux de bien d'autres infrastructures lui appartenant ont été stoppés. En réponse à cette question, le mis en cause a indiqué que sa situation ne lui permet pas de poursuivre ses chantiers dans la mesure où il fait l'objet d'instruction. Mais en plus c'est, selon ses dires, pour éviter que les gens voient en ces biens le fruit d'un quelconque détournement de deniers publics. Cependant, le parquet n'est pas de cet avis.
L'un dans l'autre, dans le souci de prouver ses dires, le parquet, à travers une projection, a présenté les biens du sieur Yé, découverts par le juge d'instruction dans le cadre du transport judiciaire et qui ont fait l'objet de saisie. Au nombre de ces biens, il y a une ferme de 2,5 hectares comportant des porcs de race, des boeufs, un forage ; un magasin ; les auberges de Borgo et Boromo. Le procès se poursuit ce matin au TGI Ouaga I.