Cote d'Ivoire: Une pièce de théâtre et de danse pour redorer l'image d'un quartier d'Abidjan

Abobo Gare est le quartier central de la deuxième commune ivoirienne la plus peuplée du district d'Abidjan. C'est aussi le nom d'une pièce de théâtre et de danse, contemporaine et urbaine, présentée par le chorégraphe Hermann Nikoko Yao à l'Institut français, pensée pour redorer l'image d'Abobo, qui a longtemps eu mauvaise presse.

La pièce s'ouvre sur des corps contorsionnés, comme en souffrance, et se poursuit avec la danse logobi, inspirée de la bagarre, la galère et la rue, rappelant l'image sombre d'Abobo, commune de la capitale économique de Côte d'Ivoire, réputée dangereuse au point d'avoir été surnommée « Abobo-la-Guerre ».

Une image avec laquelle joue Hermann Nikoko Yao, pour finalement s'en éloigner dans la seconde partie de la pièce, qui fait la part belle à l'exubérance de la danse et des costumes. Une volonté du chorégraphe, lui-même natif d'Abobo. « Il était temps de casser ce gros préjugé-là qu'il y a sur la commune d'Abobo, lance-t-il. En tant qu'artistes, ces jeunes danseurs commencent leur carrière. Ils vont dans des castings, des choses comme ça, mais une fois que tu dis que tu viens d'Abobo, on te colle déjà une étiquette : c'est un voleur, c'est un drogué... Ils ont vraiment grandi dans cette frustration ».

Abobo-la-Joie

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Mais pour les sept jeunes danseurs, comme Yoro Fallé, tous originaires d'Abobo et autodidactes, c'est justement cette exubérance qui fait d'Abobo une matrice culturelle. « Il y a la joie à Abobo, assure-t-il. Il y a cette envie de se relever, de grandir, de marcher. La quasi-totalité des danseurs de Côte d'Ivoire viennent d'Abobo. Parce qu'à Abobo, on est engagés dans la danse, on est engagés avec la nouvelle génération, on pousse tout le monde. Nous-mêmes, danseurs émergents, on est toujours poussés à aller de l'avant, à ne pas se décourager. »

Ses habitants préfèrent un autre surnom de la commune, plus flatteur mais plus vrai, disent-ils : celui d'Abobo-la-Joie.

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