C'est une affaire qui aurait dû rester un simple différend administratif. Elle s'est transformée en un véritable fiasco judiciaire et médiatique pour le Comité Miss Cameroun (COMICA). Lundi, au commissariat d'Odza, une plainte pour violation de domicile et diffamation déposée contre l'ex-Miss Cameroun Josiane Golonga a été balayée par le commissaire principal Jean Nkoa.
Ce qui s'est réellement passé
L'origine de la plainte ? Josiane Golonga, destituée la veille de son titre, se rend à son logement de fonction pour récupérer ses effets personnels. Ne se sentant plus en sécurité dans ce domicile qu'elle avait déjà déserté, elle se fait accompagner par un huissier de justice. Sur place, elle est interpellée et conduite manu militari au commissariat d'Odza.
Pourquoi la stratégie du COMICA a échoué
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La manœuvre du COMICA était risquée. En faisant passer l'ex-Miss pour une personne perturbée et en l'accusant d'effraction à son propre domicile de fonction, l'institution espérait sans doute asseoir son autorité. Mais le parquet n'a pas suivi. L'argument de la destitution, prononcée la veille, a été jugé juridiquement irrecevable par le commissaire principal.
Comment le commissaire a recadré les choses
Face à l'affaire, le commissaire Jean Nkoa a appliqué la loi avec rigueur. Il a rappelé à l'avocate du COMICA qu'aucun jugement n'interdisait à Josiane Golonga l'accès à ce logement. Il a également écarté la plainte pour diffamation, invitant simplement le COMICA à saisir la justice s'il s'estimait lésé. Le dossier, selon lui, était vide. Il a refusé de participer à ce qu'il a qualifié de trafic d'influence.
Les conséquences pour les institutions
L'affaire a rapidement fuité, provoquant un attroupement devant le commissariat. Sous la pression des faits et de l'opinion, la police a ordonné la libération de la jeune femme. L'incident met en lumière les limites des méthodes expéditives dans les conflits institutionnels.
Ce qu'il faut retenir pour la suite
À court terme, c'est un désaveu cuisant pour le COMICA, dont la crédibilité sort affaiblie. À long terme, cette affaire soulève une question stratégique : une institution peut-elle utiliser les forces de l'ordre pour régler ses querelles internes sans base légale solide ? L'intervention du commissaire a stoppé ce qui ressemblait fort à un abus de pouvoir.
Une question pour terminer
Cette tentative avortée de manipulation de l'appareil policier pose une question fondamentale : jusqu'où les institutions sont-elles prêtes à aller pour contrôler leur image, et qui, dans la chaîne de commandement, osera encore dire non ?