Ile Maurice: Les failles diverses de la prison de Melrose exposées

27 Février 2026

La commission d'enquête sur le décès du détenu Andy Selmour à la prison de Melrose le 9 décembre 2025 continue d'en examiner les circonstances. Au fil des auditions présidées par l'ancien juge Paul Lam Shang Leen, un tableau préoccupant de la situation se dessine, entre pénurie de personnel, tensions croissantes et défaillances dans la communication interne.

Hier, un assistant commissaire des prisons (ACP), responsable de l'Eastern High Security Prison au moment des faits, a décrit un environnement «difficile», marqué par un climat de violence entre détenus et un manque de respect accru des gardiens. La situation se serait détériorée après les incidents de juillet 2025. Le jour des faits, l'unité concernée comptait 93 détenus.

Le haut gradé a évoqué un ratio d'environ un officier pour 33 prisonniers, une configuration jugée «impossible à gérer» dans un contexte déjà tendu. En théorie, 55 gardiens devraient être présents par shift. En réalité, entre congés maladie et absences diverses, l'effectif quotidien oscillerait entre 40 et 45 officiers et tomberait jusqu'à 35 la nuit. Dans certaines unités sensibles, seuls trois officiers seraient affectés, alors que cinq seraient nécessaires.

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Le sous-effectif chronique aurait été signalé à la hiérarchie en octobre 2025, a-t-il précisé. L'ACP a aussi admis des failles dans la transmission des informations relatives à l'agression d'Andy Selmour.

De son côté, l'assistant su rintendant de police en poste ce jour-là a parlé d'«anomalies» dans la gestion de la situation, reconnaissant que le détenu aurait pu se trouver en danger avant que la gravité de son état ne soit pleinement comprise. Sur le plan médical, le Principal Prison Health Officer (PPHO) a expliqué qu'il n'était pas de service le 9 décembre, mais qu'il a appelé à 17h21 pour s'enquérir de la situation au complexe médical.

Il lui a alors été rapporté que le PHO de service avait quitté les lieux à 17h20, avant la fin théorique de son service fixée à 18heures. Une demande d'explications écrites lui a par la suite été adressée dans le cadre d'une enquête interne. Le PPHO a indiqué avoir suivi l'évolution de la situation à travers le PHO de nuit.

Autre élément mis en lumière : l'absence d'ambulance pénitentiaire le jour du drame. Ce n'est qu'à partir de mi-décembre, après l'admission de l'homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga, qu'une ambulance y a été postée en permanence.

Les auditions se poursuivront le mardi 3 mars.

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