La Société civile du peuple (SOCIP) a adressé, mardi 24 février, un cri de détresse au Gouvernement central concernant la dégradation avancée de l'avenue Kamuandu, dans la ville de Kananga (Kasaï-Central). Ce ravin géant y progresse dangereusement, causant des morts et des dégâts matériels incalculables.
L'avenue Kamuandu n'est pas une simple artère de quartier ; elle est d'un intérêt général majeur puisqu'elle mène au cimetière du même nom, le deuxième plus important de la province. Aujourd'hui, la route est totalement coupée, isolant toute une partie de la population.
Bilan humain et matériel
Le constat dressé par les activistes sur le terrain est effroyable. Le ravin a déjà emporté plus de deux cents habitations, laissant de nombreuses familles sans abri. Plus grave encore, la progression de l'érosion continue de faire des victimes.
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« Récemment, nous avons perdu une femme enceinte dans ce ravin. C'est un drame de trop pour la population de Kananga », déplore Emmanuel Iza Kabukapu wa Kasende, coordonnateur provincial de la SOCIP.
L'incapacité des autorités provinciales pointée du doigt
Pour la société civile, le gouvernement provincial ne dispose pas des moyens nécessaires pour faire face à l'ampleur de la catastrophe, notamment en raison de l'irrégularité de la rétrocession nationale. Face à cette "incapacité" locale, la structure citoyenne a décidé de saisir directement le pouvoir central.
Dans une correspondance datée du 24 février, la SOCIP interpelle officiellement :
Le Président de la République et la Première ministre
Le ministre national des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR)
Les directions générales de l'Office des voiries et drainage (OVD) et du BCECO.
Un appel à une action gouvernementale urgente
L'objectif de cette démarche est d'obtenir une concertation immédiate entre les différents décideurs pour dégager les fonds nécessaires au sauvetage de l'avenue Kamuandu.
« Nous demandons qu'ils se mettent autour d'une même table pour sauver la population qui habite encore ce quartier. Nous attendons du Gouvernement central une solution rapide et concrète », a martelé Emmanuel Iza Kabukapu.
L'urgence est signalée, car chaque nouvelle pluie menace d'élargir le ravin et d'emporter d'autres vies humaines dans cette partie de la capitale provinciale du Kasaï-Central.