Tivaouane — La commune de Tivaouane, en collaboration avec la direction générale de l'Urbanisme et de l'Architecture (DGAU), a engagé un processus de concertation élargi en vue d'encadrer son développement urbain, caractérisé par de fortes pressions depuis l'extension de son périmètre communal en 2009.
Une rencontre de partage sur les opérations d'urbanisme dans la commune s'est tenue à la préfecture de Tivaouane, jeudi, sous la houlette du préfet du département de Tivaouane, Mamadou Guèye.
Elle a été initiée par la DGAU, dans une dynamique de coordination renforcée entre les différents acteurs impliqués.
Le 6 février 2009, l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, par un décret daté du 6 février 2009, avait décidé de l'extension du périmètre communal de Tivaouane sur une superficie supplémentaire estimée à près de 7 000 hectares, à la demande du guide religieux Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine.
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Cette mesure a mis la ville de Tivaouane face à des défis à relever, notamment la prolifération d'habitats spontanés dépourvus de voirie et d'infrastructures socio-économiques de base.
Il s'agit en réalité d'anciens villages qui se sont retrouvés, tout d'un coup, intégrés dans la commune, alors qu'ils ne sont dotés d'aucun équipement socio-économique de base. Une situation que les autorités jugent préoccupante.
Ces enjeux étaient au coeur des échanges entre autorités administratives, techniques et religieuses du département.
Le maire, Demba Diop Sy, a insisté sur la nécessité d'apporter des réponses structurelles à cette question, par le biais d'une "planification urbaine rigoureuse, inclusive et anticipative".
La directrice de la planification urbaine et de la réglementation, Aminata Wane Sabaly, a salué la tenue de ce cadre de dialogue à l'échelle départementale.
Elle a mis en avant l'importance d'une "concertation apaisée et structurée", tout en se félicitant de l'implication de la communauté religieuse dans les questions d'aménagement.
"Cette mobilisation traduit une conscience collective forte", a-t-elle déclaré, relevant que l'urbanisation conditionne à la fois la sécurité des populations, la fonctionnalité des espaces et l'image de la ville.
Les abords de la Grande-Mosquée de Tivaouane constituent, selon elle, un enjeu stratégique majeur, en raison des flux importants enregistrés lors des grands rassemblements religieux, notamment le Gamou de Tivaouane.
Une telle configuration appelle à "une démarche rigoureuse, concertée et techniquement encadrée".
La DGAU a réaffirmé son engagement à promouvoir un dialogue inclusif associant toutes les parties prenantes.
Elle entend veiller à la solidité juridique et technique des options envisagées, accompagner l'identification de sites de recasement conformes aux normes et garantir la cohérence avec les documents de planification existants.
La rencontre a permis de dresser un état des lieux des opérations d'aménagement et de restructuration en cours à Tivaouane, avec des échanges entre la commune et les services techniques pour clarifier la situation.
Les participants ont examiné les contraintes et enjeux majeurs de cette initiative, notamment les difficultés foncières, techniques, urbaines, institutionnelles et financières.
La troisième séquence de la rencontre a été consacrée à l'identification des actions prioritaires, à la hiérarchisation des interventions, à la répartition des responsabilités et à la définition d'un échéancier indicatif.
La rencontre a débouché sur la proposition d'un dispositif de suivi et de validation des décisions, afin d'assurer une mise en oeuvre coordonnée et efficace des engagements pris.
Au-delà de cette opération, les autorités ont insisté sur la nécessité de renforcer la planification urbaine à l'échelle territoriale, afin d'anticiper sur les dynamiques futures et de privilégier des modèles d'aménagement durables et structurés.
Située à 92 kilomètres de Dakar, la ville de Tivaouane est marquée par des dysfonctionnements urbains liés notamment à la multiplication des quartiers spontanés.
Son statut de haut-lieu de la tijaniyya au Sénégal, attirant périodiquement des milliers de fidèles, ainsi que son rôle historique de ville-carrefour, accentuent cette pression.
Dans le cadre du programme de modernisation des cités religieuses, l'État du Sénégal a confié à la Fondation Droit à la Ville la maîtrise d'ouvrage déléguée pour la restructuration urbaine et la régularisation foncière des quartiers mal lotis.