Les transferts d’argent entre pays africains pourraient bientôt devenir plus simples, plus rapides et moins coûteux. C’est l’ambition affichée par African Export-Import Bank (Afreximbank) à travers un nouveau partenariat entre son système de paiement panafricain et de règlement, le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS), et Pesalink, le réseau de paiement instantané kényan. Selon un communiqué publié par Afreximbank, cet accord permet désormais aux participants du PAPSS d’effectuer des paiements transfrontaliers instantanés, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, vers les banques et les opérateurs de services financiers mobiles connectés à Pesalink au Kenya, et ce, en monnaies locales.
Des procédures assouplies
Jusqu’ici, envoyer de l’argent d’un pays africain à un autre impliquait souvent des circuits bancaires complexes, une forte dépendance aux devises de réserve étrangères. Ce partenariat représente donc une réponse concrète aux lenteurs et aux coûts élevés, et permettra dans la même lancée, d'accélérer l'intégration financière régionale.
D’après le même document, le rapport 2023 de la Banque mondiale sur les prix des transferts de fonds, les frais moyens pour les envois intra-africains oscillent entre 7 et 8 % du montant transféré, contre 6 à 7 % au niveau mondial. Un coût élevé qui pèse lourdement sur les particuliers, mais aussi sur les petites et moyennes entreprises engagées dans le commerce régional.
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Le partenariat Pesalink–PAPSS entend changer la donne : réduction des coûts, règlements quasi instantanés et simplification des opérations. Une avancée majeure pour l’intégration financière régionale, en cohérence avec la dynamique portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Mais pour que cette transformation produise tous ses effets, l’implication des infrastructures nationales de paiement reste essentielle.
Le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, l’a rappelé lors de la signature du partenariat « Pour que PAPSS ait un réel impact, la collaboration avec des commutateurs nationaux et privés comme Pesalink est essentielle. »
« Pesalink est le premier commutateur que nous ayons testé pour la terminaison des transactions au Kenya, et nous constatons déjà une adoption croissante grâce à l’ouverture de nouveaux canaux pour des paiements transfrontaliers fluides en monnaie locale à travers l’Afrique » a- t-il ajouté. Un signal fort pour montrer qu’au-delà de la technologie, c’est l’appropriation par les acteurs locaux qui conditionnera le succès du système.
Vers une souveraineté financière renforcée
Pesalink, exploité par Integrated Payment Services Limited (IPSL) et détenu par la Kenya Bankers Association, est le réseau de paiement instantané et interopérable du Kenya.
Il permet des transactions 24/7 entre comptes bancaires, portefeuilles mobiles, fintechs et SACCO via applications, plateformes en ligne ou USSD.
Son directeur général, Gituku Kirika, s’est félicité de cette avancée : « Les banques kényanes pourront désormais offrir des paiements transfrontaliers plus rapides et moins chers. Elles aideront leurs clients à développer davantage de relations commerciales régionales et à prospérer dans une économie numérique plus intégrée. »
Au-delà de l’aspect technique, ce partenariat illustre la volonté plus large de fluidifier les échanges intra-africains et consolider l’architecture financière du continent.