L'ancien ministre de la Communication, Me Moussa Bocar Thiam, pourrait être traduit devant la Haute Cour de Justice dès ce vendredi 27 février. Après le feu vert unanime de la Commission des Lois, les députés sont appelés à se prononcer sur sa mise en accusation dans le dossier du fonds « Force Covid-19 ».
L'ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Me Moussa Bocar Thiam, est à un pas de la Haute Cour de Justice. En effet, c'est ce jour, vendredi 27 février que les députés examineront le projet de résolution portant sur sa mise en accusation devant cette juridiction d'exception. Ce vote intervient cinq jours après celui de la Commission des Lois, tenu le lundi 23 février.
Convoqués aux fins d'examiner les projets de résolution relatifs à sa mise en accusation ainsi qu'à celle de son ex-collègue Abdoulaye Diouf Sarr devant la Haute Cour de Justice, les membres de la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains avaient voté à l'unanimité sa traduction devant cette juridiction.
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En revanche, s'agissant du cas de son coaccusé et non moins ancien ministre de la Santé et de l'Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, des sources au sein de l'Assemblée nationale indiquent que son dossier, jugé incomplet, a été renvoyé pour complément d'information. Pour rappel, cette procédure s'inscrit dans le cadre de la reddition des comptes sur la gestion du fonds de riposte contre les effets du Covid-19, dénommé « Force Covid-19 », doté d'un montant de 1 000 milliards de FCFA. Un rapport de la Cour des comptes, publié en décembre 2022, avait relevé plusieurs irrégularités dans la gestion de ces ressources.
Établi à l'étranger au lendemain de la victoire de l'actuel chef de l'État, Me Moussa Bocar Thiam, par ailleurs maire de la commune de Ourossogui, est cité dans le marché controversé de 2,4 milliards de FCFA relatif aux travaux d'aménagement du Parc des technologies numériques de Diamniadio, rebaptisé depuis « Senegal Connect Park ». Selon les conclusions du rapport de la Cour des comptes, confirmées par l'enquête du Parquet financier, ce marché aurait été validé à l'époque par le ministre. Il aurait été intégralement payé alors que les travaux n'avaient jamais été exécutés.
Auditionnée par les enquêteurs, l'ex-Dage du ministère de la Communication, Hélène Ndoukité Helndou Diouf, aurait déclaré avoir agi sur instruction expresse de son ministre, affirmant détenir des « preuves à l'appui ». Entendu également dans le cadre de cette procédure, Bassirou Abdoul Bâ, ex-directeur général du Parc des technologies numériques du Sénégal (PTN), a été placé sous mandat de dépôt, de même qu'Ismaïla Thimbo, ancien responsable administratif et financier. Ces placements font suite à une nouvelle évaluation du marché litigieux par l'Ageroute, qui a drastiquement réévalué le montant à 1 milliard de FCFA, contre les 2,4 milliards de FCFA versés sous les ordres présumés de l'ex-ministre.