Madagascar: Dévoloppement - Le budget agricole génère peu de résultats

Malgré des budgets conséquents alloués au secteur agricole, les retombées restent en deçà des attentes. À Madagascar, l'agriculture représente près de 30 % du PIB, 40 % des recettes d'exportation et fait vivre environ 70 % de la population active. Pourtant, près de quatre ruraux sur cinq vivent encore sous le seuil de pauvreté.

Selon deux rapports récents de la Banque mondiale, la productivité agricole stagne depuis près d'une décennie. Entre 2013 et 2022, la production, principale source de revenus des ménages ruraux, n'a quasiment pas progressé, alors même que l'économie enregistrait une croissance modérée. Plus préoccupant encore, les exploitations agricoles n'atteignent que 17 % à 24 % de leur capacité de production.

Du côté des autorités, le constat est partagé. Le secrétaire général du ministère de l'Agriculture et de l'Élevage, Fabien Randriambololona, reconnaît « qu'il existe un problème d'investissement agricole et également un problème de financement ». Il souligne que « beaucoup de fonds ont été alloués à l'agriculture, mais quand on regarde les résultats, la production n'a pas réellement augmenté à Madagascar ».

Des obstacles structurels persistants

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L'un des principaux blocages réside dans la chaîne de décaissement. « Le véritable problème, c'est que le délai d'acheminement des fonds vers les véritables bénéficiaires est trop long », admet-il, évoquant un déficit d'« efficacité et d'efficience ». Moins de la moitié des crédits prévus seraient effectivement exécutés, selon l'analyse des dépenses publiques agricoles.

Outre les lenteurs administratives, les producteurs font face à des contraintes structurelles. Les rapports estiment que les distorsions de prix varient entre 21 % et 65 % selon les filières, en raison de défaillances de marché et de politiques fiscales et commerciales inadaptées. La question de la TVA sur les produits agricoles est d'ailleurs « en cours d'examen ».

Les infrastructures demeurent également un frein majeur. Les routes rurales dégradées, notamment en saison des pluies, renchérissent les coûts de transport et isolent des zones entières. À cela s'ajoutent l'insécurité foncière, le faible accès au crédit et la vulnérabilité climatique. Dans des régions comme Analamanga et Vakinankaratra, « les terres commencent à s'épuiser » et les techniques agricoles doivent s'adapter aux conditions climatiques.

Face à cette situation, le ministère mise sur la relance de l'agribusiness et la recherche d'investisseurs privés, nationaux et étrangers. « Il doit y avoir une continuité de l'État. Les projets antérieurs seront évalués pour décider lesquels poursuivre et renforcer », affirme le secrétaire général.

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