Un mois après le départ des rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23), la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, est plongée dans l’horreur. Plusieurs sites funéraires clandestins contenant, selon les premières estimations, près de 170 corps ont été localisés, révélant l’ampleur des exactions commises durant l’occupation de la cité.
La libération de la ville a laissé place à une réalité insoutenable. Des sources locales font état de la présence de nombreuses dépouilles réparties dans au moins quatre fosses communes. Le quartier Kilomoni, dans la commune de Kavimvira, est particulièrement marqué par la violence : deux fosses y ont été identifiées à proximité d’une ancienne base militaire autrefois tenue par les combattants rebelles.
Ces découvertes, relayées par les équipes d’Africanews, s'étendent à d'autres secteurs périphériques. Une troisième fosse a été signalée dans le quartier Kilibula, abritant une vingtaine de victimes, tandis qu'une quatrième a été mise au jour dans le village de Kabimba, à environ 8 km au sud d'Uvira, où une cinquantaine de corps ont été dénombrés.
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Face à l'ampleur de ces révélations, les autorités provinciales adoptent une posture de prudence. Pour l'heure, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, n'a officiellement confirmé que l'existence de deux de ces sites. Néanmoins, les témoignages de terrain recueillis par Africanews convergent vers un bilan humain bien plus lourd, illustrant les traitements inhumains infligés aux populations civiles pendant la période d'occupation rebelle.
En conséquence de ces découvertes glaçantes, l'indignation gagne les organisations de défense des droits humains qui qualifient la situation d'« alarmante ». Elles exigent désormais l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante. L'objectif prioritaire est d'établir formellement les responsabilités au sein du commandement de l'AFC-M23 et de procéder à l'identification rigoureuse des victimes afin de permettre aux familles meurtries d'entamer leur deuil.