Ile Maurice: Les syndicats haussent le ton face aux promesses non tenues

27 Février 2026

Plusieurs organisations syndicales réunies sous la bannière de la National Trade Unions Confederation (NTUC) ont vivement critiqué ce qu'elles considèrent comme des promesses non tenues par le gouvernement hier à la municipalité de Port-Louis. Leurs représentants ont dressé un constat préoccupant de la situation dans plusieurs secteurs, tout en appelant à des mesures concrètes pour soutenir les travailleurs.

Jane Ragoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), a ouvert le feu en soulignant les difficultés dans plusieurs institutions sociales et éducatives shelters, foyers pour enfants comme celui de Trochetia, ; écoles spécialisées SENS, SENA, écoles pré-primaires privées et entreprises industrielles, dont Princes Tuna. Elle estime qu'une majorité des employés de ces secteurs sont des femmes, qui sont confrontées à des conditions de travail difficiles.

«Nous sommes à l'aube du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, et pourtant, les défis restent énormes, que ce soit pour les personnes âgées ou pour les enfants placés en foyer», souligne-t-elle, estimant que ces problématiques méritent une attention accrue des autorités.

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Reeaz Chuttoo, président de la CTSP, s'est lui attardé sur le rôle de l'Economic Development Board (EDB), en particulier sur le recrutement de travailleurs étrangers. Il a soulevé plusieurs interrogations sur les conditions dans lesquelles ces travailleurs sont employés et logés, affirmant que certains vivraient tout bonnement chez leur employeur. Il a évoqué des cas spécifiques, qu'il estime révélateurs d'un système nécessitant davantage d'encadrement.

Le président de la NTUC, Narendranath Gopee, a pour sa part critiqué la décision de revoir certains paramètres de la pension de vieillesse, estimant que les syndicats auraient dû être consultés au préalable. Il a exprimé sa déception de l'attitude de certains membres du gouvernement, qu'il juge insuffisamment engagés dans la défense des travailleurs. Selon lui, une concertation plus étroite avec les organisations syndicales serait nécessaire avant toute réforme d'envergure.

Au cœur des critiques

Le président de la General Workers Federation (GWF), Clency Bibi, a lui dénoncé «une continuité des politiques». «Le régime a changé mais la politique est restée la même. Et c'est grave. Beaucoup espéraient un véritable changement pour la classe travailleuse, mais cela tarde à se concrétiser.» Il s'est interrogé sur l'arrivée prochaine de travailleurs étrangers pour le secteur agricole, un projet qui «soulève de nombreuses zones d'ombre».

Il déplore que seules quelques fédérations aient été conviées à des discussions avec le ministère concerné, alors que ces décisions pourraient avoir un impact important sur l'emploi local.

Les débats ont également porté sur le rôle de certains responsables politiques. Devanand Ramjuttun, négociateur du Joint Negotiating Panel (JNP), a rappelé l'engagement du mouvement syndical lors des dernières élections générales, estimant que certains alliés d'alors n'ont pas tenu leurs promesses une fois au pouvoir, à l'image d'Ashok Subron. Il a évoqué les discussions passées sur la pension de vieillesse et s'est interrogé sur l'évolution des positions politiques depuis.

La réunion a par ailleurs été marquée par un échange animé entre Reeaz Chuttoo et Veena Dhollah, membre de la GWF et de Rezistans ek Alternativ. Le président de la CTSP a exprimé son malaise face à la présence de représentants de ce parti, estimant que certaines décisions gouvernementales allaient à l'encontre des intérêts des travailleurs. Veena Dhollah a défendu sa présence, affirmant qu'elle participait à la rencontre en tant que syndicaliste et qu'il s'agissait de son droit démocratique.

Malgré ces échanges parfois vifs, les syndicats présents ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue et de maintenir la pression afin que les revendications des travailleurs soient entendues.

Pour eux, l'enjeu est de taille : obtenir des avancées concrètes dans plusieurs secteurs jugés prioritaires et rappeler l'importance d'une véritable concertation sociale dans l'élaboration des politiques publiques.

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