Madagascar: Ampisafy Mafia - Dans « Lakouzii », le rap prend goût

Lauréate de la dernière édition du Slam National, Ampisafy Mafia revient en force. Le mardi 24 février, la poétesse urbaine a dévoilé Lakouzii, un clip taillé sur mesure pour marquer son come-back.

C'est sur un boom bap retentissant que la formation de Boeny balance ses rimes affûtées. Une énergie viscérale, brute, presque incendiaire. La jeune femme y livre ce qu'elle a au fond des tripes et l'on devine pourtant qu'il lui reste encore d'immenses réserves. Lakouzii, littéralement « la cuisine », dépasse largement le sens premier. « On dit souvent que la place de la femme est à la cuisine. Ma cuisine, à moi, c'est le studio. J'y concocte des morceaux », confie-t-elle. Et le plat est savamment mijoté. Flow maîtrisé, techniques vocales variées, présence assumée. Ampisafy prouve qu'elle sait manier le verbe autant que le rythme.

Ce n'est d'ailleurs pas un coup d'essai

Habituée aux performances intenses, l'artiste explique que ce titre signe son véritable retour, après une parenthèse consacrée à la compétition de slam. Trophée en main, regard fixé droit devant, Ampisafy compte bien maîtriser le game.

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Son nom n'a rien d'anodin

« Ampisafy » signifie femme, en parler sakalava de Boeny. Un choix identitaire fort. Sans revendiquer ouvertement une étiquette, la poétesse porte un message clair : la femme s'exprime à sa manière, impose son style et occupe l'espace. Slam, rap, dancehall : autant d'armes artistiques pour faire entendre sa voix. Issue de la new school, mais bercée par la vieille école, elle marche dans les pas de ses aînés tout en traçant sa propre voie. Ses textes ont du fond, du sens. Elle ne parle pas pour meubler le silence, elle parle pour marquer les esprits.

Côté langues, Fiama, pour les intimes, jongle avec les dialectes, à savoir antemoro, sakalava, tsimihety. Un héritage assumé. « On me pose souvent la question... Mon père est Tsimihety, ma mère Antemoro. Dans mon slam Malaso, j'utilisais le dialecte du Sud-Est... Je suis née à Majunga. Et dans Lakouzii, je parle le Tsapôla », explique-t-elle. Une richesse linguistique qui élargit naturellement son audience et renforce son authenticité. Ampisafy Mafia ne cuisine pas pour plaire, le goût reste longtemps.

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