Cinquante morts, trois mille arrestations, un État en faillite technique. Les chiffres avançés par Issa Tchiroma Bakary frappent les esprits. Dans un appel publié le 27 février 2026, celui qui se présente comme "président élu par le peuple" dresse un réquisitoire sans concession contre le régime en place. Il invite la diaspora camerounaise à se mobiliser pour une transition politique.
Une crise post-électorale ignorée
Les faits remontent au 12 octobre 2025. Selon Issa Tchiroma Bakary, ce scrutin l'aurait porté à la présidence du Cameroun avec une "écrasante majorité". Depuis, la répression s'abattrait sur ses partisans. Il évoque des disparus, une cinquantaine de morts et plus de 3 000 personnes arrêtées. Des détenus, de tous âges, croupiraient sans jugement dans des conditions dénoncées comme inhumaines.
L'analyse d'une situation économique critique
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Au-delà de la crise politique, l'appel met en lumière une crise de gouvernance profonde. L'État est décrit comme étant en faillite technique, mauvais payeur chronique contractant des prêts sans fin. Les conséquences sont tangibles : retards d'infrastructures, déficit énergétique persistant, milliers de Camerounais mourant faute de soins. Le diagnostic économique rejoint celui de nombreux observateurs internationaux.
Le décryptage d'une stratégie de mobilisation
La méthode est rodée. Issa Tchiroma Bakary cible d'abord la diaspora camerounaise, celle des ingénieurs de la NASA, des médecins, des cadres et des étudiants talentueux à travers le monde. Il annonce la mise en place prochaine d'une plateforme pour structurer leur engagement. Parallèlement, il lance un appel aux dons via PayPal pour fournir une assistance aux détenus victimes de la répression. Cette double stratégie combine mobilisation politique et action humanitaire.
Les enjeux stratégiques pour le Cameroun
À court terme, cet appel vise à créer un rapport de force. La diaspora représente une force économique et d'influence considérable. À long terme, l'objectif affiché est une transition politique vers un "Cameroun nouveau". La question de la légitimité de cet appel reste posée : Issa Tchiroma Bakary est-il un président auto-proclamé ou le véritable vainqueur du scrutin d'octobre 2025 ? Les autorités en place n'ont, à ce jour, pas répondu à ces accusations.
Une question qui engage l'avenir du pays
La transition politique camerounaise peut-elle émerger de la mobilisation de sa diaspora ? Issa Tchiroma Bakary parie sur cette hypothèse. Reste à savoir si les Camerounais de l'étranger, mais aussi ceux de l'intérieur, répondront à cet appel. Une certitude : les chiffres avancés et la gravité des accusations imposent une vérification indépendante. Le Cameroun, pays clé d'Afrique centrale, mérite que la lumière soit faite sur cette crise post-électorale ignorée des médias internationaux.