Un concert empreint de spiritualité et d'esthétique andalouse a été donné, jeudi soir à Fès, dans le cadre du programme culturel en réseau "Soirées Ramadanesques", organisé à l'occasion du mois sacré de Ramadan par l'Ambassade d'Espagne au Maroc et l'Institut Cervantes.
Cet événement artistique, inscrit dans une programmation déployée simultanément dans plusieurs centres de l'Institut Cervantes au Maroc, a offert au public fassi une rencontre musicale célébrant les affinités spirituelles et culturelles entre Al-Andalus, le Maroc et le Moyen-Orient.
Placée sous la direction du violoniste et chanteur espagnol d'origine marocaine Hamid Ajbar, la formation "Jinān Al-Ándalus" (Jardins d'Al-Andalus) a proposé un répertoire inspiré de la tradition soufie andalouse et des grandes figures du mysticisme islamique, notamment Ibn Arabi, Rabia al-Adawiya, Al-Shushtari et Al-Busiri.
A travers qasidas, poèmes et muwashahat, les artistes ont esquissé un véritable itinéraire musical reliant symboliquement les jardins de Cordoue et de Grenade à ceux du Maghreb et de Damas, en explorant une riche diversité de styles, de rythmes et de maqâmât, dans une atmosphère de recueillement et d'élévation spirituelle en harmonie avec l'esprit du mois de Ramadan.
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La notion de "Jinān" ou "Jardins", fil conducteur de cette création, renvoie à la fois à la beauté sensible et à une dimension intérieure liée au coeur et à l'âme, invitant le public à une expérience esthétique d'une profonde intensité, où musique et poésie dialoguent avec la quête du sens et de la transcendance.
Dans une déclaration à la MAP, le directeur de l'Institut Cervantes à Fès, Oscar Pujol Riembau, a relevé que ce concert s'inscrit dans le cadre des "Nuits soirées Ramadanesques", organisées par l'Institut Cervantes dans l'ensemble de ses centres au Maroc, notamment à Rabat, Marrakech, Tanger, Tétouan et Fès, afin de célébrer ce mois sacré à travers des expressions artistiques porteuses de spiritualité et de beauté.
Il a souligné que le projet "Jinān Al-Andalus", porté par un groupe espagnol d'origine marocaine, se distingue par sa volonté de mobiliser la musique andalouse pour relier symboliquement les jardins d'Al-Andalus, du Maghreb et du Moyen-Orient, notant que la métaphore du jardin, centrale dans cette création, permet de recréer non seulement les jardins extérieurs des différentes cultures où cette musique est pratiquée, mais aussi d'éveiller le "jardin intérieur" que chacun porte en soi.
"La musique possède la capacité de rapprocher l'être humain du divin et de l'aider, grâce à l'art, à transcender les préoccupations du quotidien pour se connecter à une dimension spirituelle plus élevée, en particulier durant le mois de Ramadan", a-t-il poursuivi, ajoutant que l'esprit de ce concert s'inscrit dans la maxime soufie selon laquelle "Dieu est beauté et Dieu aime la beauté".
Et d'ajouter que cette soirée fait office d'une célébration de l'unité, de la sagesse, de l'amour et de la beauté, le jardin étant à la fois symbole du paradis en Islam et miroir de l'âme où se reflète la présence divine.
Sur scène, Hamid Ajbar, au chant soliste, violon andalou et direction musicale, était accompagné par Aziz Samsaoui au qanun, Fathi Ben Yakoub au violon, Mouhssine Koraichi à l'oud et Khalid Ahaboune aux percussions traditionnelles, une formation dont la cohésion et la finesse d'interprétation ont conféré au concert une grande richesse sonore et expressive.
Initiées annuellement par l'ambassade d'Espagne au Maroc et l'Institut Cervantes, les "Soirées Ramadanesques" entendent offrir au public des moments de partage culturel alliant musique, poésie et spiritualité, tout en mettant en lumière les héritages communs et les passerelles artistiques entre les deux rives de la Méditerranée.