Sénégal: Au marché Ocass de Touba, la flambée des prix rend inaccessible la viande fraiche

Touba — Le marché "Ocass" de Touba, (centre) offre le visage contrasté d'une activité bien en place, mais freinée par la cherté des bovins. Entre bouchers résignés et clients rares, la viande fraîche peine à trouver preneur, dans un contexte de forte période de consommation.

Au coeur du marché, en cette matinée ensoleillée, les étals de viande affichent une abondance rassurante. Les carcasses fraîchement découpées témoignent du dynamisme des bouchers, déjà à pied d'oeuvre dès les premières heures de la journée. Pourtant, derrière cette apparente vitalité, l'ambiance reste en demi-teinte.

Les clients se font discrets, hésitants, scrutant les prix avant de s'engager dans un marchandage devenu plus prudent que passionné. "Ici, il y a de la viande, mais elle est chère", glisse un habitué, en quittant un étal sans acheter.

Cheikh Samb, boucher, ne cache pas ses difficultés. "Les boeufs coûtent aujourd'hui entre 500.000 et 800.000 FCFA. Avec le prix de l'aliment de bétail, tout a augmenté", justifie-t-il.

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"Nous vendons le kilogramme à 4.000 FCFA, mais même à ce prix, il est difficile de s'en sortir", poursuit-il.

Appel à la vigilance sanitaire

A quelques mètres de là, le constat est partagé par Maguette Niang, président de l'Association des bouchers du marché. Pour lui, la situation est aggravée par la rareté du cheptel dans les foirails. "Les animaux disponibles sont peu nombreux et coûtent excessivement chers", déplore-t-il.

Face à cette conjoncture, il appelle à la vigilance sanitaire. "Les ménagères doivent privilégier la viande issue des abattoirs agréés. La viande vendue clandestinement dans la rue constitue un danger réel pour la santé publique", insiste-t-il.

Devant un étal, Lala Dione, ménagère, observe longuement avant de faire son choix. "La qualité est là, mais les prix sont élevés", reconnaît-elle.

En cette période de ramadan et du carême, elle plaide pour un geste en faveur des consommateurs. "Ce sont des périodes de grande consommation. Une baisse des prix soulagerait les ménages", lance-t-elle.

Dans les allées du marché Ocass, entre espoir de meilleures ventes et inquiétudes persistantes, bouchers et clients semblent ainsi suspendus à une équation difficile : concilier qualité, accessibilité et survie économique.

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