Afrique: Segment de haut niveau de la 61eme session des droits de l'homme - Le Sénégal donne la méthode pour que l'humanité continue à espérer !

27 Février 2026

Portant la voix du Sénégal, le ministre des Affaires Étrangères, Cheikh Niang, en ambassadeur du souverainisme éclairé, a su restituer avec authenticité les questions clivantes « qui polarisent notre monde et menacent notre sécurité collective », pour ensuite lancer un appel pour le renforcement de l'universalité et la non hiérarchisation des droits de l'Homme, socle de l'ordre international moderne.

Le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies (CDH) se réunit, pour sa soixante et unième session ordinaire, à Genève, du 23 février à 31 Mars 2026, dans un climat de défiance ouverte au respect des droits humains, avec un score inquiétant, conflits multiples, crise humanitaire, discours de haine, xénophobie, de racisme qui constitue en soi une menace à la démocratie. Les mots du chef de la délégation du Sénégal volent comme un éclair saisissant.

Revenant sur les conflits qui menacent la paix universelle, le diplomate sénégalais a rappelé que les droits humains ne peuvent pas être dissociés de l'action globale pour la paix, la sécurité et le développement. Il a soutenu que la communauté internationale devrait accorder la même importance aux trois générations de droits humains car dit-il: « la liberté, seule, n'est point synonyme de bien-être ou de dignité, là où le dénuement et l'exclusion sociale avilissent et sont sources de frustration, de division, d'extrémisme et d'insécurité au sein des sociétés humaines ».

Le Sénégal est fortement préoccupé par l'augmentation des situations de conflits et de violations des réglementations humanitaires, par la montée des discours de haine, du racisme et de la xénophobie, par la montée du non respect des droits des migrants et des réfugiés, ainsi que par les nouveaux défis liés aux changements climatiques et aux progrès technologiques. Autant de problématiques qui renforcent la polarisation dans nos sociétés.

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Fustigeant la banalisation du racisme, Cheikh Niang a déclaré, alors que 2026 marque le 25ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Durban (DPAD): « Nous ne devons pas perdre notre capacité d'indignation et d'action contre ce fléau d'un autre âge ». Enfin le patron de la diplomatie sénégalaise veut que le Conseil des droits de l'Homme créé en juin 2006 garde son statut menacé d'organe subsidiaire de l'Assemblée générale des Nations Unies pour entretenir l'espoir qu'il avait suscité à son début.

Car, il s'agit de converger vers des valeurs partagées, a-t-il argumenté, et dans le respect de la diversité de nos réalités socio-culturelles. « Il nous appartient d'entretenir l'espoir pour préserver la crédibilité du Conseil et son efficacité sur le terrain ». Le vrai enjeu, pour le Sénégal qui a dirigé le Conseil des droits de l'Homme en 2019, c'est que les Nations Unies trouvent l'équilibre parfait pour un système multilatéral fort: respect des droits de l'Homme, de la justice et l'équité pour favoriser la paix, la sécurité et le progrès social.

Alors que la présente session aborde, au delà des crises multiples, la question lancinante de la violence sur les enfants, Cheikh Niang, s'est fait également l'avocat des enfants du monde entier « Il est inconcevable que les adultes leur ôtent leur droit à un avenir et leur chance de vivre dans un monde de paix »

Poser, comme il l'a mentionné dans son discours, que les droits de l'homme ne peuvent être dissociés de l'action globale pour la paix, la sécurité, et le développement, c'est donner la flamme vivificatrice pour ré-ancrer les fondamentaux des droits humains, à ne pas considérer comme un menu à la carte. Présent dans la salle, un expert africain très touché par la profondeur et la valeur du discours du ministre sénégalais nous souffle dans l'oreille: « c'est un excellent discours d'un diplomate de haut niveau habitué des tribunes Nations Unies, il a su restituer avec authenticité les questions clivantes qui polarisent notre monde et menacent notre sécurité collective ».

En réalité, le ministre a mis le curseur sur un gros défi de la communauté internationale, la non hiérarchisation des droits humains surtout quand la menace sur les droits semble provenir, de plus en plus, de ceux qui sont labellisés puissants du monde et de grandes démocraties!

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