Une vingtaine de tableaux de l'artiste ivoirien Jean-Marc Ottioné illuminent, depuis le jeudi 26 février 2026, les cimaises du Couloir des Arts du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Révélé par l'institut African Artists, il y expose jusqu'au 26 mars 2026, avec l'appui de la Direction des arts plastiques et visuels du ministère de la Culture et de la Francophonie.
Dès l'entrée, le regard est happé. La matière palpite, les couleurs éclatent, les masques surgissent dans une danse silencieuse. Sous la spatule d'Ottioné, la peinture se sculpte. « J'invite tous les Africains à retourner à leurs racines afin d'apporter une valeur ajoutée à leur vie », confie l'artiste. « Plus on est connecté à sa source, mieux on se sent. »
Ancien major de l'École nationale des beaux-arts, il explore les vibrations du masque, de la sculpture vers la toile. « Adapter nos masques à notre vie actuelle, c'est refuser de laisser notre identité derrière nous », insiste-t-il.
Pour Olivier Pépé, président de l'institut African Artists, « la particularité d'Ottioné réside dans l'usage du couteau à palette. Il sculpte la couleur là où d'autres la caressent au pinceau. C'est ce qui a motivé notre choix ».
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De son côté, le président de l'Organisation professionnelle des critiques d'art de Côte d'Ivoire, Christian Guéhi, salue « la transformation du masque, de la sculpture à la peinture, dans un dialogue fécond entre tradition et contemporanéité ».
Au nom de la Direction des beaux-arts de l'École supérieure des arts plastiques et design (Esapad) de l'Institut national supérieur des arts et de l'action culturelle (Insaac), N'Dri Kouamé Richard souligne : « Depuis 1963, nous formons des élites de l'art et Ottioné est l'une de nos pépites. Major de sa promotion en 2011, il mérite pleinement ces encouragements. »
Au terme du vernissage, un visiteur murmure, sourire aux lèvres et regard encore habité : « On ne regarde pas ces tableaux, on les ressent. »
Jusqu'au 26 mars 2026, le Couloir des Arts se veut ainsi le passage entre mémoire et modernité, où la couleur, souveraine, réconcilie l'âme ivoirienne avec son propre reflet.