Sénégal: Lancement de « Al Missirah » présentation de l'hebdo du « Soleil» - L'arabe au centre de la communication institutionnelle

27 Février 2026

Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a procédé, ce vendredi, au lancement de son journal institutionnel en langue arabe, « Al Massirah ». Ce nouveau titre affirme l'arabe en tant que levier d'inclusion linguistique dans la communication publique.

Au travers d'une cérémonie reçue au Building administratif, ce 27 février, le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a lancé la Journée d'inclusion de la langue arabe et le nouveau journal institutionnel en arabe, « Al Massirah » (Le Parcours). Ce rendez-vous inaugural a par ailleurs été marqué par l'engagement de la tutelle à renforcer la version arabe du quotidien « Le Soleil », à périodicité hebdomadaire (chaque jeudi), lancé le 12 mars 2025.

Ces parutions vont dans le sens d'affirmer la langue arabe comme vecteur de communication gouvernementale, d'inclusion informationnelle et de coopération internationale.

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L'objectif est principalement de réduire les inégalités dans l'accès à l'information des arabophones, d'associer les médias publics arabophones comme instruments de cohésion, ainsi que d'établir des ponts diplomatiques et médiatiques pertinents avec le monde arabe. Il serait plus juste de parler de relance concernant « Al Massirah ». Le titre existait dès les premiers gouvernements du Sénégal, au début des années 1960 avec Léopold Sedar Senghor et Mamadou Dia, pour porter en arabe la voix de l'Exécutif.

À en croire Habibou Dia, le gouvernement perpétue la tradition de considération de cette « langue d'histoire, de science, de commerce et de religion ». Le directeur de la Communication a signifié qu'on ne saurait mépriser l'arabe, qui a été enseignée dans nos universités (Pire, Tombouctou, etc.) avant la colonisation et qui continue de rythmer l'enseignement islamique dans notre pays à majorité musulmane.

Selon lui, l'on ne saurait encore moins occulter cette langue dans ce contexte où le chef de l'État et le Premier ministre accordent du prix à la diffusion de la communication gouvernementale dans les langues, et au moment où notre pays soutient la cause palestinienne et occupe une place de choix dans l'Oci ». Aussi, a-t-il ajouté, les communiqués du Conseil des ministres sont systématiquement traduits en arabe. « Al Massirah », qui est tiré par « Le Soleil », revient donc à son heure.

« Le Soleil » arabe, choix stratégique

Le directeur général de la Sspp Le Soleil, présentant la version arabe de « Le Soleil », a d'emblée précisé qu'il ne s'agit pas d'un journal religieux. L'ambition pour ce titre hebdomadaire s'accorde aux missions de « Le Soleil », qui sont de vulgariser les actions gouvernementales et d'affirmer le service public impliquant la considération de toutes les couches sociales.

« Il est important d'associer les réflexions des intellectuels arabophones dans l'espace public. 28% de la population au Sénégal parlent et lisent régulièrement l'arabe, à côté de la langue maternelle. Encore, dans 4 régions, l'arabe est la langue la plus usitée.

"Le Soleil" version arabe n'est pas qu'un produit de plus, il s'agit d'un choix stratégique, géopolitique et culturel, un moyen d'attirer les partenaires des pays arabes », a développé Lamine Niang. Il a invité les arabophones à instamment s'approprier « Le Soleil » version arabe qui se distribue partout au Sénégal, et les partenaires à accompagner financièrement sa production.

Mor Loum, portant la parole des arabophones et coordonnant la traduction du « Soleil » arabe, a partagé la satisfaction de ses pairs qui « ont le sentiment d'être associés à la construction du pays et l'éveil des consciences ».

Alioune Sall, ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a présidé la cérémonie, avec Marie Rose Faye, ministre porte-parole du Gouvernement. Le ministre s'est réjoui de cet « impératif démocratique », qui s'inscrit en droite ligne de l'Agenda national de Transformation qui n'entend laisser aucune couche en marge, et dans la dynamique du New deal technologique.

L'accès aux infrastructures numériques, pense le ministre, doit s'accompagner d'un accès équitable aux contenus et à l'information.

« L'inclusion numérique doit être linguistique. Votre démarche participe à notre politique d'équité territoriale. Les zones où l'enseignement arabo-islamique est fortement implanté et modernisé, les universités dédiées et les centres culturels arabophones doivent accéder, dans leur langue pratiquée, aux infos publiques et aux opportunités offertes par l'État. C'est une question de justice et d'efficacité de l'action du Gouvernement », a admis le ministre Alioune Sall.

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