Sénégal: Le défi de l'adaptation pour les commerçants

27 Février 2026

À Kaolack, où le thermomètre grimpe facilement en milieu de journée, vendeurs et chauffeurs apprennent à composer avec ces températures élevées tout en observant le jeûne.

Au marché central, l'ambiance devient plus feutrée en début d'après-midi ce lundi 23 février 2026. Sous les hangars et les bâches de fortune, les commerçants s'organisent comme ils peuvent : ventilateurs artisanaux, bouteilles d'eau gardées à l'ombre pour la rupture du jeûne, pauses écourtées. Chacun développe sa stratégie pour tenir jusqu'au coucher du soleil.

« Les premières journées du mois sont toujours difficiles, surtout avec cette chaleur. Mais on s'habitue progressivement », confie un vendeur de légumes, le visage couvert de sueur. Comme beaucoup de ses collègues, il arrive plus tôt le matin pour profiter de la fraîcheur et réduire ses activités aux heures les plus chaudes.

« Les femmes viennent surtout le matin pour faire leurs achats. Cela leur permet de rentrer et de se reposer avant d'attaquer la préparation du repas du soir. C'est pourquoi nous venons très tôt ici », ajoute-t-il.

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Du côté des vendeuses de fruits et de jus, la chaleur représente à la fois une contrainte et une opportunité. « Les clients recherchent davantage de pastèques ou de jus pour la rupture. La demande augmente à mesure que la journée avance. Il faut donc supporter la fatigue », explique une commerçante installée non loin de l'avenue principale.

Dans les boutiques de tissus et d'articles divers, les rideaux restent parfois à demi fermés pour limiter l'entrée de la chaleur. « Le Ramadan vient juste de débuter et les gens ne pensent pas encore aux tissus. Notre travail n'est pas trop compliqué pour le moment », avance Mor Ndao, vendeur au marché de Kaolack.

Entre contrainte et opportunité

Au garage de Kahone, en périphérie de Kaolack, Modou, chauffeur de taxi, patiente. Il ne lui manque que deux passagers pour pouvoir enfin démarrer, mais l'attente semble interminable. « Avec cette chaleur accablante, les gens sortent peu. On peut rester des heures sans le moindre client. C'est frustrant, mais je garde espoir : des jours meilleurs viendront », confie ce père de famille avec philosophie.

Dans la capitale du Saloum, les motos-taxis « Jakarta » dominent le bitume. Des stations improvisées fleurissent à chaque carrefour. En cette période de Ramadan, de nombreux usagers délaissent les taxis, souvent piégés dans les embouteillages, au profit de ces deux-roues.

« La moto permet de circuler avec agilité. Elle se faufile partout et emprunte des raccourcis inaccessibles aux voitures », explique un commerçant du centre-ville.

Malgré la rigueur du jeûne et des conditions de travail, la solidarité unit vendeurs et transporteurs. « Le Ramadan est un moment d'entraide. Nous veillons les uns sur les autres », glisse un conducteur de « Jakarta » en guettant sa prochaine course.

À l'approche de la rupture du jeûne (Ndogou), la ville s'anime à nouveau. Les clients se pressent pour les derniers achats. C'est l'heure de pointe pour les marchands de dattes, de sucre, de lait et de pain, ingrédients essentiels du f'tour.

À cet instant, l'épuisement s'efface devant l'effervescence collective. Une journée éprouvante s'achève pour ces travailleurs courageux, portés par la foi et l'espérance.

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