La Côte d'Ivoire pourrait terminer le mois de mars avec près de 200 000 tonnes de cacao invendues, les tensions entre les régulateurs et les acheteurs internationaux ralentissant les exportations.
Le pays, premier producteur mondial de cacao, dépend de cette culture pour ses recettes d'exportation et ses revenus ruraux. L'accumulation des stocks reflète l'écart entre le prix garanti à la production fixé par le Conseil du café et du cacao et les prix inférieurs du marché international.
Les autorités ont maintenu les prix à la production après la flambée des cours mondiaux du cacao en 2023 et 2024. Depuis lors, les prix à terme à Londres et à New York ont chuté par rapport à leurs niveaux record, la demande ayant ralenti et les attentes en matière d'offre s'étant améliorées. Les négociants affirment que les conditions d'exportation actuelles compriment les marges, ce qui rend les achats moins attrayants.
En conséquence, les expéditions ont ralenti. Les haricots restent dans les entrepôts et les ports, et certains contrats n'ont pas été exécutés. Les acheteurs adoptent une approche prudente dans un contexte de volatilité des prix et de baisse de la demande des fabricants de chocolat.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Le gouvernement a commencé à intervenir. Des achats publics de cacao invendu sont en cours pour soutenir les prix et protéger les revenus des agriculteurs. Les autorités sont également en train de revoir le prix garanti pour la récolte à mi-parcours.
Avec le Ghana, la Côte d'Ivoire représente environ 50 % de la production mondiale de cacao. Des perturbations prolongées des exportations pourraient affecter les chaînes d'approvisionnement et les stratégies de fixation des prix des grandes entreprises de confiserie.
La résolution de l'écart de prix sera essentielle pour empêcher l'accumulation de stocks et la pression sur les revenus ruraux.
Points clés à retenir
Le cacao est au coeur de l'économie de la Côte d'Ivoire. Le secteur fait vivre des millions d'agriculteurs et génère une grande partie des devises étrangères. Lorsque les prix mondiaux augmentent, les autorités peuvent augmenter le prix à la production et accroître les revenus ruraux. Lorsque les prix baissent, le système fixe peut créer des tensions.
La Côte d'Ivoire vend une grande partie de son cacao par le biais de contrats à terme. Ce modèle offre une visibilité sur les revenus mais limite la flexibilité lorsque les prix fluctuent. Si les prix internationaux tombent en dessous des niveaux garantis au niveau national, les exportateurs subissent des pertes à moins que les prix ne soient ajustés. Les marchés mondiaux du cacao ont été volatils.
Les inquiétudes concernant l'offre, liées aux conditions météorologiques et aux maladies, ont poussé les prix au-dessus de 10 000 dollars la tonne en 2024, avant de s'atténuer. La croissance de la demande s'est ralentie, la hausse des prix du chocolat ayant affecté la consommation en Europe et en Amérique du Nord. Si les stocks invendus persistent, le gouvernement pourrait être amené à réviser les prix à la production ou à augmenter les achats de l'État.
L'une ou l'autre de ces mesures aura des conséquences budgétaires. Cet épisode montre la tension entre la stabilité des revenus des agriculteurs et l'alignement sur les signaux du marché mondial dans une économie dépendante des produits de base.