Congo-Kinshasa: La société civile lance « Tofungola miso », une application mobile pour dénoncer la corruption

28 Février 2026

Une nouvelle arme technologique vient renforcer la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo. Ce vendredi 27 février à Kinshasa, des acteurs de la société civile ont présenté l'application mobile « Tofungola miso » (Ndlr Ouvrons les yeux), conçue pour encourager la population à dénoncer systématiquement les actes de corruption et les flux financiers illicites.

Disponible sur Play Store pour les téléphones Android, l'application, dès qu'elle est téléchargée, guide l'utilisateur à travers plusieurs étapes : Signaler un cas, Décrire les faits de corruption, Donner un titre (ex. : un scandale), Fournir une description détaillée, Indiquer la date, la ville et la province, Joindre un fichier justificatif

Les signalements peuvent se faire de manière anonyme. Ils sont ensuite transmis directement au logiciel de l'Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), qui collabore avec les officiers du parquet et le ministère de la Justice.

Portée par l'ASBL Dignité Humaine, en partenariat avec la coopération allemande (GIZ) et l'APLC, cette initiative s'inscrit dans une feuille de route quinquennale présentée devant les institutions publiques et les partenaires internationaux.

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Pour Dieudonné Mushagalusa, coordonnateur national du Panel d'experts de la société civile, cette plateforme est une opportunité concrète pour chaque citoyen de devenir acteur du changement. Qualifiant la corruption de « véritable cancer » pour le développement du pays, il appelle les Congolais à ne plus rester spectateurs passifs.

« Cette plateforme offre aux citoyens une opportunité concrète de dénoncer les cas de corruption observés dans leurs milieux de vie. C'est une nouvelle politique nationale de lutte contre ce fléau », a-t-il déclaré.

Protection des lanceurs d'alerte

L'application se veut également un soutien logistique aux lanceurs d'alerte, souvent exposés à des risques lorsqu'ils dénoncent des malversations. Le député national Prospère Tunda, membre du Réseau des parlementaires engagés dans la lutte contre la corruption, a insisté sur la nécessité de sécuriser ceux qui osent parler.

« L'outil Tofungola miso apportera un appui décisif aux lanceurs d'alerte. J'appelle la population à s'en approprier pour contribuer au relèvement de la RDC », a plaidé l'élu national, porteur d'une proposition de loi sur la protection des lanceurs d'alerte, actuellement en examen à l'Assemblée nationale.

Une fois adoptée, cette loi devrait offrir un cadre juridique sécurisant pour accompagner les dénonciations effectuées via des outils comme cette nouvelle application.

Une approche multisectorielle

La présentation de ce vendredi a réuni des délégués des agences du système des Nations unies ainsi que des partenaires techniques et financiers. L'objectif est de créer une synergie entre les alertes citoyennes récoltées par l'application et la réponse judiciaire ou administrative des institutions de l'État.

Visant plus de 100 millions de smartphones potentiellement transformés en radars contre la corruption en RDC, les initiateurs espèrent un impact rapide sur la réduction des flux financiers illicites en RDC.

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