Les États-Unis viennent de placer le Cameroun dans leur viseur. Par une décision de l'administration Trump, la United States Coast Guard a émis une alerte concernant les navires en provenance des eaux camerounaises. Motif invoqué : ces navires ne répondent pas aux exigences de la loi américaine sur la sécurité des transports maritimes. Une décision qui n'est pas un embargo, mais qui pourrait avoir des conséquences lourdes pour l'économie nationale.
Un audit préalable avait déjà tout révélé
Cette décision américaine ne tombe pas du ciel. Elle intervient après un audit réalisé au Port de Douala qui avait mis en lumière des défaillances graves dans les opérations de scanning des marchandises. Le rapport pointait du doigt la SGS, entreprise chargée du contrôle des conteneurs. Suite à cet audit, le top management du Port Autonome de Douala avait décidé de mettre fin au contrat de la société jugée défaillante.
Le gouvernement choisit de maintenir l'entreprise malgré les preuves
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Malgré les conclusions accablantes de l'audit, le gouvernement camerounais a choisi une tout autre voie. Par une décision du premier ministre, le contrat de la SGS a été reconduit. L'argument avancé : le contrat signé en 2015 entre cette entreprise et l'État était encore valide. Cette décision, que certains observateurs qualifient de "baroud" de fin de règne, a suscité de vives critiques dans le milieu des affaires et de la sécurité maritime.
Ce que signifie concrètement l'alerte américaine
La décision de Washington est un signal fort. En renforçant les contrôles sur les navires en provenance du Cameroun, les États-Unis disent en substance que les garanties offertes par les autorités camerounaises ne suffisent pas. Concrètement, cela signifie des coûts logistiques supplémentaires, des délais d'attente allongés et un risque de voir les compagnies maritimes délaisser les routes passant par Douala au profit de ports concurrents mieux notés.
Des milliards de recettes potentiellement en danger
Les conséquences économiques pourraient être sévères. Le Port de Douala est la principale porte d'entrée et de sortie des marchandises du Cameroun et d'une partie de l'hinterland. Si les compagnies maritimes commencent à éviter cette plateforme, ce sont des milliards de recettes qui pourraient s'évaporer. L'alerte américaine place le gouvernement face à une contradiction : maintenir la SGS au risque de perdre en compétitivité, ou revoir sa copie pour rassurer Washington et les acteurs internationaux.
Le gouvernement camerounais va-t-il enfin réagir ?
Le gouvernement camerounais va-t-il persister dans son maintien de la SGS malgré l'alerte américaine et les failles identifiées par l'audit ? Ou va-t-il enfin tirer les conséquences de ces révélations pour sécuriser les recettes du port et la réputation du pays ? La balle est désormais dans le camp de Yaoundé. Une chose est sûre : le viseur de Washington est braqué sur Douala, et l'inaction pourrait coûter très cher.