Congo-Brazzaville: Littérature - Le roman « Makwabalé » au coeur des échanges

Autour de « Makwabalé », premier roman d'Au-Giral-Amed Ebomb-Simba, écrivains, critiques et lecteurs se sont réunis le 27 février à la librairie Les Manguiers des Dépêches de Brazzaville, pour décrypter une oeuvre où fantaisie, traditions africaines, quête identitaire, illusions de l'ailleurs et manipulation se déploient dans une fiction dense de 128 pages, publiée en 2025 aux éditions Le Lys bleu.

Premier à intervenir lors de la présentation-dédicace du roman « Makwabalé », l'écrivain Obambe Gakosso a partagé son impression initiale, celle d'un texte « capable de présenter une fresque où l'on sent un certain passé, mais un passé difficile à situer, avec un brin de modernité ». Décortiquant la première de couverture, il a souligné la puissance des symboles.

« Le rouge vif n'est jamais anodin dans nos traditions. Les deux coqs non plus : l'un plus haut, l'autre plus bas, comme un roi et un prince en dialogue silencieux », a-t-il détaillé. Pour lui, rien n'est laissé au hasard : les ombres à l'arrière-plan, la présence du brouillard, la dynamique des voix intérieures qui hantent le prince. « Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître », a-t-il tranché, saluant la profondeur imagée du récit.

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La critique s'est prolongée avec l'écrivain Rosin Loemba, qui a offert une lecture globale et esthétique de l'oeuvre. Il a insisté sur l'harmonie formelle. « Le titre et l'illustration témoignent d'une interaction forte entre littérature et arts visuels. On retrouve une cohérence chromatique proche d'une affiche de cinéma », a-t-il argumenté. Il a replacé le récit dans sa dimension philosophique, voyant dans ce texte « une exploration de la conscience humaine, de la dualité intérieure, du mystère et du rapport conflictuel entre tradition et modernité ». Pour lui, l'exil du prince rappelle « l'aliénation culturelle décrite par Cheikh Hamidou Kane », tout en ouvrant une réflexion sur les illusions de l'ailleurs.

Plus technique, Edmond Serge Liboko a livré une analyse syntaxique rigoureuse, regrettant les fautes laissées par l'édition et rappelant qu'un roman à tome requiert généralement plus de volume. « Un roman à tome ne saurait avoir moins de 200 pages. Et plusieurs fautes syntaxiques auraient dû être corrigées pour préserver la force du texte », a-t-il déploré. Son intervention, loin de décourager l'auteur, a rappelé la nécessité d'un accompagnement éditorial solide afin de préserver la qualité d'une oeuvre déjà saluée pour son ingéniosité et consolider les futures productions d'Au-Giral-Amed Ebomb-Simba.

Face à toutes ces analyses, l'auteur est resté humble. « Quand une voix lourde de connaissances émet son écho, une oreille légère écoute », a-t-il déclaré, reconnaissant la valeur de l'expérience transmise. Les échanges entre l'auteur et le public ont ensuite ouvert un moment de dialogue vivant, souvent teinté de curiosité et de félicitations. Interrogé sur l'origine du nom Makwabale, l'auteur a expliqué qu'il lui était venu à l'esprit alors qu'il apprenait à compter en Moyi, une langue locale.

Au terme de la séance dédicace de son roman, Au-Giral-Amed Ebomb-Simba, dans une interview avec la presse, a tenu à rassurer son lectorat sur la suite de son oeuvre. Si le tome 2 n'arrive pas immédiatement, il n'en demeure pas moins en préparation. « Soyez patients, il viendra », a-t-il glissé avec un sourire. Entre-temps, il s'apprête à publier un autre ouvrage, un essai mêlant philosophie et développement personnel, qu'il présente comme « le meilleur texte qu'il ait eu à écrire jusqu'ici ». Une promesse littéraire qui ouvre déjà l'appétit des lecteurs.

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