Malgré les efforts des autorités en matière de numérisation et de digitalisation, des cas de fraude sont toujours signalés dans la gestion des actes d'état civil. Ce phénomène prend de l'ampleur surtout dans les collectivités territoriales frontalières.
En novembre 2025, la direction de l'automatisation du fichier (Daf) a saisi la police pour une enquête sur une prétendue fraude à l'état civil dans la commune de Marsassoum (région de Sédhiou). Après enquête, un réseau structuré et hiérarchisé a été mis au jour, avec le responsable du service d'état civil de cette collectivité territoriale présenté comme le métronome du système.
Des exemples de ce genre sont de plus en plus signalés dans les communes, où les fraudes sur les actes d'état civil sont très courantes. C'est pourquoi, depuis des années, la digitalisation est au coeur des actions entreprises par le gouvernement. L'objectif est de moderniser les services et de lutter contre la fraude. Le mardi 27 janvier 2026, en visite à Marsassoum pour s'enquérir de l'ampleur de la fraude, Matar Ndao, directeur général de l'Agence nationale de l'état civil (Anec), s'était ému de l'environnement dans lequel sont traités les registres et autres dossiers. «C'est comme si l'on était dans les années 1960. Tout est sur papier. Comment cela se fait-il à notre époque, alors que nous sommes à l'ère de la digitalisation ? », avait-il déclaré.
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Dans le sillage des actions déjà entreprises, avec le programme « Nekkal » et la numérisation de millions d'actes d'état civil, les nouvelles autorités sont passées à la vitesse supérieure pour rendre les documents plus accessibles, mais aussi pour lutter contre la fraude. C'est dans ce sens qu'un logiciel de pré-déclaration des faits d'état civil dans les structures sanitaires, afin d'améliorer la collecte et la fiabilité des données relatives aux naissances et aux décès, a été annoncé par le directeur général de l'Anec lors d'une visite à Ziguinchor. Pour un meilleur service aux usagers, la plateforme « Sama État civil » a été officiellement lancée le 16 février pour le démarrage de sa phase pilote, d'une durée d'un mois, dans cinq communes du pays, notamment les centres de Ouakam, Cambérène, Golf Sud (Dakar), Diakhao (Fatick) et Mbacké.