Sénégal: Mbacké - Des progrès notables contre les irrégularités (2/6)

Au Sénégal, les irrégularités liées à l'état civil constituent un problème récurrent dans plusieurs localités, notamment à Mbacké. Toutefois, cette commune a déployé de réels efforts pour combattre ce fléau ces dernières années, ce qui lui a valu une attention particulière de l'Agence nationale de l'état civil (Anec).

Au centre d'état civil de Mbacké, l'attente est souvent longue. Des usagers se bousculent pour accéder au bureau du chef de division, à l'exception des élèves qui bénéficient d'un accès prioritaire à l'entrée. À l'intérieur, le bureau est un havre d'ordre, les documents étant soigneusement classés sur des étagères. Derrière son écran, le chef de division s'efforce de répondre aux demandes des visiteurs, portant son attention sur chaque cas.

Cheikh Mbacké Fall était, jusqu'en 2023, un simple agent dans cette structure. Sa nomination au poste de responsable de la division de l'état civil de Mbacké par le maire Gallo Bâ est intervenue dans un contexte particulier. En raison d'irrégularités constatées par le président du tribunal de Mbacké à cette époque, des interpellations ont eu lieu au sein du service de l'état civil cette année-là.

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Après son élection à la tête du conseil municipal de Mbacké, Gallo Bâ a engagé un archiviste en 2023 afin de faire un état des lieux des registres de 1964 à 2023. Par conséquent, selon Cheikh Mbacké Fall, certains actes ont été annulés, en plus des opérations de reconstitution organisées pour les élèves préparant leurs examens de fin d'année.

En septembre 2023, le maire Gallo Bâ lui a confié le rôle d'officier d'état civil, puis celui de chef de division au sein de la même entité. À son arrivée, M. Fall dit avoir découvert de nombreux problèmes à traiter. « C'était une menace », a-t-il déclaré, précisant qu'il s'agissait de pratiques qu'il ne pouvait révéler. D'après lui, les irrégularités concernaient notamment les identifiants des actes de naissance et de mariage. « Jusqu'à maintenant, je suis encore occupé à résoudre des affaires de fraude impliquant nos prédécesseurs », a-t-il ajouté.

En coopération avec le président du tribunal de Mbacké, il a poursuivi le redressement en initiant la reconstitution des actes. Ainsi, en février 2024, sous la direction du préfet de Mbacké, une commission a été mise en place et installée dans les locaux de la préfecture. « Entre le 2 février 2024 et le 17 février 2026, un total de 9.367 actes ont été reconstitués », explique le chef de division de l'état civil de Mbacké. En outre, il salue l'engagement du maire qui, selon lui, a déployé tous les efforts nécessaires sur le plan logistique. Il précise également que des avancées ont été réalisées dans l'organisation des archives. « Nous avons mobilisé d'importantes ressources financières pour moderniser l'état civil », déclare le maire de Mbacké lors de la cérémonie de lancement de la plateforme Sama État Civil.

Des propos confirmés par le directeur général de l'Agence nationale de l'état civil (Anec). Matar Ndao observe que Mbacké a réalisé des progrès significatifs. Selon lui, la commune dispose d'un logiciel de gestion des faits d'état civil approuvé par l'État et, en ce qui concerne l'infrastructure informatique, hormis quelques problèmes de connexion internet, le centre est bien équipé. En visitant le centre d'archivage, il a indiqué que tout respecte les standards en matière d'organisation et de clarté des documents au fil des années. De plus, il a insisté sur le fait qu'ils sont en mesure d'indiquer, à l'heure actuelle, les années durant lesquelles l'état civil a été numérisé à Mbacké et ce qu'il reste à accomplir.

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Il convient également de noter que tous ces efforts ont été renforcés par l'utilisation de la plateforme « Nekkal », mise en place par l'État du Sénégal. D'après Cheikh Mbacké Fall, ce logiciel limite l'attribution des numéros d'actes aux seuls officiers d'état civil. Il ajoute qu'un contrôle à distance est possible sur la plateforme, permettant de vérifier qu'un acte donné a été enregistré à une date précise par une personne déterminée. Selon lui, avec l'existence de ce logiciel, la fraude à l'état civil devient pratiquement impossible. « L'agent a seulement la possibilité d'enregistrer ; seul l'officier d'état civil est habilité à attribuer un numéro. Par conséquent, il est responsable de tout », précise-t-il.

En 2025, le centre d'état civil de Mbacké a enregistré 13.587 actes de naissance dans 269 registres. Les enregistrements de mariages ont été suspendus après l'attribution de 718 numéros, tandis que 226 actes de décès ont été enregistrés. Cependant, Cheikh Mbacké Fall continue de dénoncer le problème des rabatteurs, qu'il considère souvent à l'origine des irrégularités constatées dans les centres d'état civil.

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