Sénégal: Homosexualité - Un universitaire souligne la nécessité d''éveiller les consciences'

Ziguinchor — Le recteur de l'Université Assane Seck de Ziguinchor, professeur Alassane Diédhiou, a souligné la nécessité d'éveiller les consciences" face aux questions liées à l'homosexualité, qu'il considère comme un "problème de société" à prendre au sérieux.

"C'est un phénomène de société que tout le monde doit prendre au sérieux", a-t-il déclaré lors d'une conférence religieuse à laquelle il participait, samedi, à Ziguinchor, dans le cadre du Ramadan. Il a évoqué la nécessité de protéger les jeunes et les enfants contre "diverses formes de dérives", en parlant des actes contre-nature. Le sujet de l'homosexualité est au centre de l'actualité au Sénégal depuis l'arrestation, début février, de 12 hommes, dont deux célébrités locales, accusées d"'actes contre nature", terme désignant les relations entre personnes de même sexe.

Le recteur de l'Université Assane Seck de Ziguinchor a rappelé ce contexte particulier, soulignant que l'initiative gouvernementale d'un projet de loi renforçant les sanctions liées aux actes contre-nature interpelle l'ensemble de la société. Le gouvernement a adopté un projet de loi visant à doubler les peines contre les relations homosexuelles, en les faisant passer de cinq à dix ans d'emprisonnement. Le texte prévoit également de punir de trois à sept ans d'emprisonnement "toute personne qui fait l'apologie" de l'homosexualité.

Selon le professeur Diédhiou, cette conférence religieuse offre l'opportunité de mieux sensibiliser sur les enjeux de société, en profitant du contexte particulier du Ramadan, un moment de dévotion renouvelée, de partage et de retrouvailles. La sixième vice-présidente de l'Assemblée nationale du Sénégal, Oulimata Sidibé, a de son côté rappelé que la proposition de loi évoquée ne saurait être adoptée sans un examen approfondi.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

"On ne peut pas voter une loi sans en étudier tous les contours. Il y a beaucoup de facteurs à analyser pour éviter toute erreur", a-t-elle soutenu, faisant référence à des expériences législatives antérieures jugées insuffisamment mûries.

La députée a annoncé la mise en place d'une commission parlementaire chargée d'examiner le projet transmis par le chef de l'État, en vue d'identifier les "réels problèmes" à prendre en charge avant l'étape de sa discussion par les députés. Elle a plaidé pour une démarche prudente et inclusive, soulignant que "les lois doivent être regardées sous tous les angles avant leur adoption". La parlementaire a assuré que le travail se poursuit sur cette question, ajoutant que le processus législatif devrait reprendre "très bientôt", dans le respect des procédures en vigueur.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.