Madagascar: ANDEKALEKA - Des orpailleurs sèment le chaos

Samedi, des centaines d'orpailleurs clandestins ont déferlé sur Andekaleka, animés par la colère après la mort de l'un des leurs et l'arrestation d'un compagnon.

Je portais mon écharpe, j'ai supplié ces hommes, je me suis agenouillée, j'ai levé les mains », raconte Claudine Soatombo, maire d'Andekaleka.

« Certains ont dit : Écoutons la maire.» D'autres hurlaient : «Ça prend trop de temps. » Samedi, sa commune a vécu une journée de terreur, occupée par des centaines de chercheurs d'or clandestins.

Depuis trois semaines, ces orpailleurs, venus de diverses localités, se sont installés dans une carrière à Ambatoharanana, à 4 km d'Andekaleka. Ils exploitent illégalement le site, au mépris des familles propriétaires du terrain, qui refusent de voir leurs terres accaparées.

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Sur cette parcelle se trouve également un cimetière, jusqu'ici épargné, mais dont la présence accentue les tensions. Samedi matin, les propriétaires avaient prévu une opération de reboisement pour réaffirmer leur droit sur le terrain. L'initiative a dégénéré.

Une altercation a éclaté entre villageois et squatters. Deux de ces derniers ont été touchés par balle. L'un est décédé sur place, l'autre a été blessé. Un troisième a été interpellé par les gendarmes et conduit au bureau communal pour les besoins de l'enquête. Ce drame a mis le feu aux poudres. En colère, les chercheurs d'or, armés de machettes et d'outils tranchants, ont pris d'assaut le village, déterminés à venger leurs camarades.

Pillé

Ils ont fait irruption à trois reprises ce samedi-là. Lors de la première intrusion, ils ont exigé que la maire leur livre les gendarmes et les propriétaires de la parcelle.

« Ils m'ont ordonné d'aller chercher les gendarmes, m'accusant d'avoir donné l'ordre de les tuer. Ils disaient ne pas être des dahalo, mais simplement des hommes cherchant à vivre », poursuit Claudine Soatombo. Face à une foule hostile, elle a tenté de négocier, sans parvenir à enrayer l'escalade de la violence.

Les forces de l'ordre, en sous effectif seulement deux gendarmes en poste à Andekaleka ont tenté de disperser les assaillants par des tirs en l'air. Les habitants, terrorisés, se sont réfugiés chez eux. Les orpailleurs ont alors lancé des pierres, saccagé le commerce de l'une de leurs cibles et pillé les marchandises. Dans l'après-midi, entre 15 h et 17 h, ils sont revenus pour emporter ce qui restait. Le soir, entre 20 h et 23 h, ils ont de nouveau investi le village, visant cette fois la quincaillerie d'une autre cible.

La population, paralysée par la peur, n'a pas osé résister. Les assaillants étaient trop nombreux et lourdement armés. Les renforts de la gendarmerie, le train étant le seul moyen de transport possible, n'ont atteint la commune qu'à une heure du matin, alors que les chercheurs d'or avaient déjà quitté les lieux. Hier matin, le calme semblait de retour et la situation sous contrôle.

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