La 2e édition de la Semaine nationale de l'hygiène et de la salubrité en milieu scolaire a été lancée le 27 février 2026 au Lycée municipal 1 de Koumassi, à Abidjan. Du 2 au 6 mars 2026, des sessions de sensibilisation, des opérations intensives de nettoyage et le renforcement de l'Approche « 3 Étoiles » seront déployées sur l'ensemble du territoire, avec un point d'orgue : le « Vendredi du grand ménage ».
Placée sous le thème « Un enseignement de qualité dans un environnement scolaire totalement assaini », l'initiative est portée par le Ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique. Mais au-delà des activités de salubrité et du planting d'arbres organisés lors de la cérémonie, c'est surtout le discours du Directeur de la Vie scolaire, Gboko Kouakou Adjoumani, qui a marqué les esprits.
Dans une allocution dense et engagée, le responsable a rappelé que l'environnement scolaire constitue un pilier stratégique de la politique éducative nationale. « Un milieu d'enseignement sain, sécurisé et conforme aux normes représente une condition déterminante pour la performance académique des apprenants », a-t-il affirmé. Il a souligné que pendant plus d'une décennie, 35 Journées nationales de l'hygiène ont été organisées. Toutefois, les missions de suivi-évaluation ont révélé les limites de ces actions ponctuelles. D'où la nécessité d'une approche plus structurée.
Le Directeur de la Vie scolaire n'a pas éludé la réalité du terrain. Les données collectées dans 32 Direction Régionale de l'Éducation Nationale et de l'Enseignement Technique (Drenaet) sur 41 indiquent que 12 646 écoles primaires publiques rencontrent de graves difficultés en matière d'eau, d'hygiène et d'assainissement. Parmi elles, 31,65 % ne disposent pas de latrines et 49,42 % sont dépourvues de points d'eau. Une situation qu'il juge préoccupante, car elle expose élèves et personnels à des risques sanitaires et compromet la qualité de l'apprentissage.
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Pour corriger ces insuffisances, l'arrêté n°300/MENA/DVS du 29 août 2024 fixe désormais des normes précises en matière d'Eau, d'Hygiène et d'Assainissement (Eha). Cette réforme marque, selon lui, « une étape décisive vers un assainissement structurel et durable du milieu scolaire ».
Le Directeur de la Vie scolaire a insisté sur la nécessité d'une mobilisation collective impliquant enseignants, élèves, parents, collectivités et partenaires techniques tels que UNICEF et la Banque mondiale. « Notre ambition est claire : faire de chaque établissement scolaire un espace propre, sain et exemplaire », a-t-il conclu, rappelant que l'école doit être à la fois un sanctuaire du savoir et un modèle de civisme environnemental.
Représentant le ministre, le Conseiller technique Bema Traoré a salué l'initiative et encouragé un renforcement de l'implication des enseignants, des collectivités territoriales et des partenaires techniques. Il a notamment évoqué l'appui de Unicef à travers l'Approche « Trois Étoiles » et celui de la Banque mondiale dans la construction de blocs sanitaires via le Projet d'Appui à la Sécurité de l'Eau et à l'Assainissement (Pasea).
De son côté, représentant le ministère des Eaux et Forêts, le colonel Apata Yavo Nicolas a mis en avant le programme « Une école, 5 hectares de forêt ». Selon lui, cette initiative va au-delà du simple reboisement : elle vise à former des élèves responsables et engagés dans la protection de l'environnement. À Koumassi, le message est passé : l'hygiène scolaire est désormais une priorité nationale inscrite dans la duréevie.