Afrique: Mame Moussa Cissé - « Ce groupe connaît les exigences du haut niveau africain »

interview

À l'approche de la Can féminine qualificative pour la Coupe du monde 2027, prévue au Maroc, du 17 mars au 3 avril 2026, l'entraîneur des Lionnes du Sénégal, Mame Moussa Cissé, s'est confié en exclusivité au Soleil des Sports. Il lève le voile sur l'état des préparatifs, les choix stratégiques et les ambitions d'un groupe mêlant jeunesse, expérience et diaspora.

Coach, pouvez-vous nous faire un point détaillé sur l'état actuel de la préparation des Lionnes pour la Can féminine ?

Nous allons profiter de la fenêtre Fifa prévue du 23 février au 7 mars pour faire un rassemblement au Sénégal. C'est une étape importante qui me permettra de retrouver le groupe après un bon moment. À cet effet, j'ai convoqué 26 joueuses (locales et expatriées) pour faire une revue d'effectifs et avoir une idée exacte sur l'état de forme de chacune. Ce stage débouchera sur un match amical, le 7 mars, contre le Burkina Faso, pour évaluer le travail effectué, mais aussi pour dégager le groupe définitif qui ira à la Can.

Quels sont les principaux acquis et les chantiers prioritaires dans les semaines à venir ?

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En termes d'acquis, nous avons un groupe composé de jeunes joueuses encadrées par des anciennes. Les 21 ont disputé la dernière Can ; ce qui est important pour la cohésion et pour l'installation d'automatismes. Ce groupe connaît aujourd'hui les exigences du haut niveau africain et est prêt à rencontrer n'importe quel adversaire. Maintenant, il fallait l'étoffer avec d'autres profils. C'est pourquoi j'ai fait appel à des binationales qui jouent dans de grands clubs en Europe pour apporter une plus-value à l'équipe.

Pourquoi l'absence de Hapsatou Diallo ?

Hapsatou Diallo n'a pas de club pour l'instant. Pour cela, elle ne peut être convoquée en équipe nationale.

Est-elle définitivement out pour cette Can ?

Si elle retrouve un club d'ici la Can et qu'elle est compétitive, elle pourrait rejoindre le groupe.

Quelles sont les dernières nouvelles concernant la liste élargie ou définitive ? Y a-t-il des recrues surprises ou des retours inattendus, au-delà des joueuses de la diaspora ?

Comme je l'ai dit plus haut, j'ai opté pour la continuité en misant sur le groupe qui a disputé la dernière Can. Cela nous permet d'avancer avec des certitudes, surtout dans ce contexte où nous n'avons pas beaucoup de temps. Certaines filles sont à leur troisième Can d'affilée et cela nous donne des repères sur la compétition, ses exigences, mais aussi sur la façon de l'aborder. À la fin de ce stage, celles qui répondront le mieux aux défis imposés seront celles qui iront à la Can.

Pourquoi ce choix spécifique pour les gardiennes de but ?

Depuis 3 ans maintenant, nous avons un groupe de trois gardiennes qui travaillent ensemble. Adji et Khady Faye sont très jeunes, mais elles ont travaillé à côté de Téning qui a une grande expérience de la compétition. Ces deux profils nous ont permis de nous qualifier contre la Côte d'Ivoire : Adji a assuré deux cleans sheet et Téning a terminé le boulot aux tirs au but. Maintenant, nous avons une gardienne très expérimentée qui joue dans un grand club et qui a même joué des matchs de Ligue des championnes en Europe. Je l'ai convoquée pour voir si elle peut nous apporter un plus.

Quels critères avez-vous privilégiés ?

Pour tous les choix, les critères sont les mêmes : talent, compétences, compétitivité, expérience du haut niveau et capacité à s'intégrer dans notre groupe.

Comment expliquez-vous l'intégration massive des Sénégalaises évoluant à l'extérieur, en Europe ou ailleurs ?

En 2019, il n'y a que Mama Diop qui jouait dans un grand club en Europe. Maintenant, les choses ont beaucoup évolué : nous avons presque 20 filles qui étaient dans notre championnat et qui ont eu des contrats entre-temps. Elles sont dans des clubs qui leur permettent de progresser et d'apporter un plus à la sélection. J'ai aussi repéré d'autres filles qui sont nées en Europe, qui jouent dans de grands clubs et qui ont le potentiel de rejoindre la sélection. C'est le cas de Mikaela, de Mona Sarr et de Mady Soumaré qui a joué aux Usa et qui est actuellement à Porto, mais qui n'a pas pu se libérer pour ce rassemblement.

Maintenant, à côté, nous avons notre base locale constituée, pour la plupart, de nos U20 qui ont le potentiel de rejoindre l'équipe (Nogaye Pène, Aïssatou Cris Ba, Dieynaba Sané, Aïssatou Fall, Aïssatou Ndiaye...).

Cela prouve-t-il que vous suivez de près nos Lionnes de la diaspora ?

Je suis de très près les joueuses au niveau local comme celles qui sont à l'extérieur. J'ai des personnes qui m'envoient régulièrement les performances des filles expatriées et je suis aussi en contact avec certains coachs avec qui je discute de l'état de forme de nos joueuses.

Quelles sont les forces et faiblesses tactiques à corriger ?

Nous avons aujourd'hui des certitudes sur nos forces et nos points à améliorer. Je ne vais peut-être pas les exposer sur la place publique, mais nous avons appris lors des dernières Can sur nous, sur la compétition et ses exigences et sur nos adversaires.

Avez-vous prévu des matchs amicaux ou stages spécifiques ?

En dehors du match contre le Burkina Faso, prévu le 7 mars à Dakar, nous travaillons sur la possibilité de jouer contre l'Égypte, en Tunisie, le 12 mars. Après le stage prévu, du 23 février au 7 mars, nous prévoyons de faire un camp d'une semaine en Tunisie avant d'aller au Maroc à partir du 14 mars.

Y a-t-il des recrues surprises ou des retours inattendus dans l'effectif au-delà des joueuses basées à l'étranger ?

À part Mikaela et Mona qui vont honorer leur première convocation, nous aurons sensiblement le même groupe qu'à la Can passée.

Quels défis logistiques ou administratifs avec les expatriées ?

Toutes les dispositions ont été prises pour les convocations des expatriées. Elles ont toutes reçu leur billet et arriveront d'ici mardi après-midi au plus tard. Korka Fall et Haby Baldé, qui ont des problèmes administratifs, rejoindront le groupe en fin de semaine prochaine. La Fédération a pris la décision de nous loger à l'hôtel et de nous permettre de nous entraîner sur le terrain annexe du stade Abdoulaye Wade. Je félicite cette décision qui tend à mettre notre équipe dans des conditions optimales de performance.

Quelles ambitions réalistes pour cette Can ?

Cette Can est qualificative pour la Coupe du monde 2027. Notre ambition est de faire mieux que les deux dernières et d'aller en demi-finale pour qualifier notre pays pour la première fois à une Coupe du monde féminine.

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