Madagascar: Financements BEI - Un portefeuille stratégique en progression, malgré des décaissements sous contrainte

La mission de suivi de la Banque européenne d'investissement (BEI), conduite à Madagascar du 19 au 27 février 2026, a mis en lumière un portefeuille de financement important, mais encore ralenti par plusieurs contraintes de mise en œuvre.

Selon le compte rendu transmis aux autorités, six projets sont actuellement en cours dans les secteurs de l'eau, de l'énergie et des infrastructures routières, pour un montant global de 546,7 millions de dollars, avec un taux de décaissement cumulé de 50,74 %.

Le document souligne que ce portefeuille comprend un projet dans l'eau, deux dans l'énergie et trois dans les infrastructures routières. Parmi eux, un projet est déjà en phase de clôture, tandis que trois autres attendent encore une prorogation de leur date limite de versement.

Il s'agit de JIRAMA Water 3, d'Andekaleka et de la Rocade. Dans le secteur de l'eau, le projet JIRAMA Water 3 apparaît comme l'un des dossiers les plus sensibles. Le premier versement n'a été effectif qu'en février 2026, alors même que l'accord de financement remonte à 2019.

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Pour éviter de bloquer le deuxième décaissement, un avenant est envisagé, afin de reporter l'exigence liée à la révision de la grille tarifaire. En parallèle, un financement additionnel d'environ 20 millions d'euros est sollicité pour couvrir des besoins non financés, notamment sur les réseaux de distribution et les branchements dans les zones d'extension.

Procédures à accélérer

Sur le volet énergétique, le projet Andekaleka doit être réajusté, avec l'annulation des travaux de dessablement, jugés incompatibles avec l'arrêt prolongé de la centrale, et la reprogrammation d'un reliquat de 5,9 millions de dollars.

Quant au projet PRIRTEM, son premier décaissement était attendu le 25 février 2026, mais le démarrage effectif reste conditionné au déblocage des fonds de contrepartie nationale nécessaires à la libération d'emprise.

Les projets routiers, eux aussi, font face à des retards liés surtout à l'indemnisation des personnes affectées par les projets. Pour la modernisation du réseau routier comme pour la Rocade, la BEI conditionne le déblocage des dernières tranches à un taux de paiement des PAPs supérieur à 90 %, alors qu'il n'atteint encore que 81 % pour la Rocade.

Le compte rendu insiste ainsi sur la nécessité d'accélérer les procédures, dans un contexte où les retards, les aléas climatiques et la hausse des coûts pèsent sur l'exécution des investissements.

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