Ouagadougou a accueilli, du 24 au 26 février 2026, la réunion des ministres chargés des trois piliers de la Confédération des Etats du Sahel (AES), à savoir la Défense et la Sécurité, le Développement et la Diplomatie. Au terme de travaux empreints de responsabilité, de franchise et d'unité, les ministres ont validé le projet de feuille de route de l'An II de la Confédération, sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso.
Ce document stratégique sera soumis au Collège des chefs d'Etat pour adoption. Il deviendra alors la boussole des actions majeures prévues pour les douze prochains mois, afin de donner une traduction concrète et coordonnée à l'ambition tripartite de bâtir un espace sahélien uni, souverain, sécurisé et prospère.
L'An I de la Confédération de l'AES aura été, sans conteste, une année fondatrice de la structuration institutionnelle, de la clarification doctrinale et de l'affirmation stratégique. Elle a permis de poser les bases solides d'une coopération assumée. En effet, au-delà des aspirations et des déclarations d'intention, l'AES est désormais une réalité institutionnelle, un cadre conceptuel affirmé et un acteur géopolitique émergent dans un environnement régional et international en pleine mutation. Face aux défis sécuritaires, aux pressions extérieures et aux tentatives de déstabilisation multiformes, les trois Etats ont démontré que l'unité, la lucidité stratégique et la détermination politique constituent les réponses les plus efficaces.
Il convient donc de saluer les efforts du Mali et de son Président, le général Assimi Goïta, pour la conduite stratégique de cette première année de la Confédération, menée en toute collégialité avec ses homologues du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et du Niger, le général Abdourahamane Tiani. L'An I aura été celle de tous les défis et de tous les enjeux : défis sécuritaires, impératifs diplomatiques et exigences de crédibilité institutionnelle.
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En une année, l'AES a franchi des étapes décisives, consolidant la coopération militaire, harmonisant les positions diplomatiques et jetant les bases d'une intégration économique progressive, à travers des instruments comme la Force unifiée, la banque fédérale, la radio et la télévision, la carte d'identité et le passeport AES, entre autres.
Si l'An I a posé les fondations, l'An II doit désormais ériger la structure et affirmer l'influence de la Confédération par l'opérationnalisation de tous ces instruments, y compris les grands chantiers qui s'annoncent. Tel est le sens du projet de feuille de route validé à Ouagadougou qui permettra de mettre en cohérence les actions, hiérarchiser les priorités et renforcer la synergie entre les différents piliers stratégiques.
En réaffirmant avec force la vision commune de souveraineté des trois Etats, cette feuille de route traduit leur détermination à défendre chaque parcelle du territoire confédéral, à coordonner leur diplomatie pour parler d'une voix forte et respectée sur la scène internationale, et à accélérer l'intégration économique afin de stimuler les échanges, valoriser les ressources et créer de la richesse au profit des populations.
Cette volonté de faire entendre une voix sahélienne libre et digne dans le concert des nations est l'expression d'une aspiration profonde à la souveraineté pleine et entière. Il revient désormais aux trois peuples de comprendre que l'An II ne sera une réussite que si chacun s'approprie les initiatives et les actions issues de cette feuille de route.
Consolider les acquis, soutenir les réformes et renforcer la vigilance citoyenne constituent des responsabilités communes. Il importe donc d'unir les forces, de faire bloc autour des trois dirigeants et de demeurer fidèles à l'idéal de souveraineté, afin de transformer l'audace initiale en puissance organisée et respectée.