La commune de Tanaff est limitrophe de la Guinée-Bissau. Ancien arrondissement qui conserve encore les anciens registres d'état civil, cette zone économique rurale est sollicitée par les villages environnants. Un dynamisme qui attire l'attention des autorités, lesquelles ont mis tout en œuvre pour la préservation de l'état civil dans cette région touchée par des cas de fraude.
Située à 12 kilomètres de Farim, Tanaff est l'une des communes du département de Goudomp, frontalières de la Guinée-Bissau. Composée de cinq quartiers : Bading, Moricounda, Mansacounda, Escale et Néma, elle occupe une position de carrefour favorable aux échanges commerciaux.
Cette localité, érigée en commune en 2008, concentre une importante activité économique dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage et des échanges. D'ailleurs, grâce à son marché hebdomadaire récemment relocalisé, Tanaff attire beaucoup de monde. « Des acteurs économiques qui viennent du département de Goudomp, des régions de Kolda et de Ziguinchor et de la Guinée-Bissau », confie Léonce Nzalé, maire de la commune. Cette foire hebdomadaire contribue à l'essor économique de la commune, dont le budget est estimé, cette année, à environ trois-cent-millions de Fcfa.
Plus de 400 requêtes de faux documents
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Cette dynamique économique et infrastructurelle n'épargne pas l'état civil de cette localité rurale. « Tanaff, qui était à l'époque un arrondissement, couvrait les communes de Simbandi Brassou, de Baghère, de Dioudoubou et de Niagha ; ainsi, le centre principal de l'état civil se trouvait à Tanaff», explique M. Nzalé. Aujourd'hui, avec la décentralisation, la plupart des anciens registres sont restés à Tanaff. Ces dossiers font souvent l'objet de fraudes.
« C'est pourquoi j'ai pris des mesures pour sécuriser les services de l'état civil ». La commune avait démarré le processus de dématérialisation avec la numérisation des documents d'état civil. Mais le projet a été suspendu pour être harmonisé avec celui de l'Agence nationale de l'état civil. D'après l'édile de Tanaff, les tentatives de fraude à l'état civil sont monnaie courante dans la région de Sédhiou. Au sein du département de Goudomp, la situation est inquiétante.
« Les autorités judiciaires éprouvent beaucoup de difficultés », reconnaît le maire de Tanaff. « Il m'a été rapporté que plus de 400 requêtes de faux documents d'état civil sont au tribunal de grande instance de la région. Et le plus souvent, ce sont des doublons : un numéro attribué à deux personnes distinctes », précise-t-il.
À Tanaff, la vigilance dans la gestion de l'état civil est renforcée, assure M. Nzalé. Le maire insiste, depuis son élection, sur la responsabilité de ses agents. « J'ai demandé au secrétaire municipal de transmettre tous les volets au tribunal de grande instance pour éviter les cas de fraude », confie-t-il. Selon lui, cette procédure administrative permet de mieux sécuriser l'état civil.