Invitée de l'émission Objection sur Sud FM hier, dimanche 1er mars, la sociologue et médecin Dr Khoudia Sow a vivement condamné la divulgation de statuts sérologiques dans le cadre de l'affaire Pape Cheikh Diallo. Soutenant la position du Premier ministre Ousmane Sonko, elle évoque une « violation de la loi » et met en garde contre les graves conséquences d'une telle pratique sur la lutte contre le VIH au Sénégal.
La sociologue, médecin et chercheure en médecine, Dr Khoudia Sow, apporte son soutien au Premier ministre, Ousmane Sonko, qui avait profité de la tribune de l'Assemblée nationale, lors de sa quatrième séance de questions d'actualité au gouvernement, pour dénoncer la divulgation de statuts sérologiques dans le cadre de l'enquête judiciaire relative à l'affaire Pape Cheikh Diallo. S'exprimant sur cette question lors de son passage dans l'émission Objection de la radio privée Sud FM, hier dimanche 1er mars, Dr Khoudia Sow est allée plus loin, en dénonçant « une violation de la loi » à travers la divulgation des statuts sérologiques des mis en cause.
À ce propos, elle estime que l'enquête menée par la Brigade de recherches de Keur Massar comporte « un vice de procédure ».« On a vu, dans un communiqué de la gendarmerie repris par les médias, des noms de personnes accompagnés de leur statut sérologique. Or, la loi protège strictement la divulgation du statut sérologique des personnes », a-t-elle fait remarquer, avant d'insister : « Le dépistage est volontaire et nécessite un consentement éclairé. »
Poursuivant son propos, elle précise, au sujet des conditions de réalisation d'un test obligatoire, que « c'est uniquement sur réquisition du procureur qu'on peut imposer un test à une personne sans son consentement ». « Il nous semble que tout cela n'a pas été respecté. Les statuts sérologiques des personnes sont strictement confidentiels », a-t-elle regretté, avant d'alerter sur les conséquences d'une telle divulgation. Selon elle, le risque est de voir certaines personnes fuir les structures de soins, mettant ainsi en péril des décennies de lutte contre le VIH.
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Par ailleurs, la sociologue est également revenue sur le discours présentant l'homosexualité comme une pratique importée, étrangère à la réalité historique sénégalaise. Elle rappelle que, dans toute société, une minorité estimée entre 0,5 % et 1 % naît avec une « différence ». À ce propos, évoquant l'expression wolof « borom ñaari tur », elle soutient que celle-ci « atteste que la confusion de genre a toujours existé et a longtemps été reconnue, bien avant que le débat public ne se radicalise sur cette question de l'homosexualité sous l'effet de l'agenda politique actuel ».