Sénégal: Khosenanou ou la résilience d'un village dépourvu d'infrastructures sociales de base

Saly Escale (Koungheul) — Khosenanou, un village de la commune de Saly Escale, dans le département de Koungheul (Kaffrine, centre), ne dispose d'aucune infrastructure sociale de base, malgré ses potentialités agricoles mises à rude épreuve par la salinisation du fleuve notamment.

Il est 11 heures en cette matinée de mois de ramadan. Sous un soleil de plomb qui darde ses rayons dans cette partie du Ndoucoumane, distante de 30 kilomètres de Koungheul.

L'accès y est particulièrement difficile, un véritable parcours du combattant. Les pistes sont fortement dégradées, parsemées de nids-de-poule, rendant les déplacements pénibles.

Khosenanou, une localité jadis riche de ses potentialités, tirait sa prospérité de son fleuve. Les populations exploitaient ses eaux pour le maraîchage et diverses activités agricoles y étaient menées.

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Ici, hommes et femmes vivaient de la culture du piment, de l'aubergine, de la patate douce et d'autres produits maraîchers, souligne Gana Dieng, un notable du village.

"On pouvait gagner jusqu'à 50 000 francs CFA par récolte et cela nous permettait d'acheter des vivres, d'assurer les dépenses quotidiennes, de rénover nos maisons et d'aider nos maris", se souvient Diao Boye, la voix empreinte de nostalgie.

Malheureusement, soutient Aïda Samb, responsable des femmes du village, la salinisation du fleuve et la rareté de l'eau ont presque anéanti toutes les occupations économiques dans ce village.

Les activités culturales ont cessé, mais certaines femmes tentent de se reconvertir dans la pisciculture en exploitant le fleuve. Seulement, les moyens restent dérisoires, selon elle.

"Nous réclamons la mise en place de bassins piscicoles modernes afin de relancer l'activité, de fixer les jeunes au village et de favoriser notre autonomisation", lance Aïda Samb, plaidant également pour le dragage et l'aménagement du fleuve afin de restaurer ses potentialités.

Khosenanou ne dispose pas de poste de santé, les femmes enceintes parcourent plusieurs kilomètres pour se rendre à Koungheul ou à Sine Makhtar, situé à environ quatre kilomètres du village.

"Il arrive même que certaines accouchent en cours de route, faute d'assistance médicale", a-t-elle déploré.

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