Cameroun: 10 rapatriés des États-Unis libérés après une détention secrète et discriminatoire

Ils ont été expulsés par l'administration Trump, puis incarcérés à leur arrivée. Dix Camerounais, 9 hommes et 1 femme, viennent d'être libérés après trois semaines de détention arbitraire à la Direction de la Police Judiciaire à Yaoundé. Leur crime ? Avoir été renvoyés au pays.

Un traitement à deux vitesses dès l'arrivée

Le gouvernement a confirmé leur libération sans fournir d'explication. Pourtant, les conditions de leur rétention interrogent. Entassés dans une même cellule, hommes et femmes mélangés, ils ont vécu dans une promiscuité totale. Pendant ce temps, les ressortissants d'autres nations, arrivés sur le même vol en provenance des États-Unis, ont été logés dans des appartements meublés et nourris correctement.

Cette discrimination flagrante révèle un traitement à deux vitesses. Pourquoi les Camerounais ont-ils été isolés ? Pourquoi les avoir maintenus dans l'humidité et la saleté, obligés de cohabiter avec des rongeurs ? Des témoignages rapportent qu'ils devaient supplier les gardes pour obtenir de l'eau potable et de la nourriture.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Une enquête fantôme pour justifier l'injustifiable

Le motif avancé par le directeur de la police judiciaire, le commissaire Bruno Glede, est un non-sens. Il justifie cette détention secrète par une enquête sur une prétendue implication des dix dans des "casses d'ambassades" aux États-Unis. Or, aucune mission diplomatique camerounaise n'a jamais été vandalisée sur le sol américain. Contacté à quatre reprises, le commissaire Glede n'a jamais répondu.

L'image qui accable les autorités

L'image exclusive obtenue de la cellule est accablante. On y voit la seule femme du groupe, allongée à même le sol, en noir et blanc. À côté d'elle, un homme tente de se couvrir avec un drap bleu usé. Aucun lit, aucune intimité. Ces conditions inhumaines ont duré vingt-et-un jours, sans aucune information donnée aux familles.

Les conséquences d'une double peine

À court terme, la priorité est médicale et psychologique pour ces rapatriés camerounais. À long terme, cette affaire pose une question stratégique : le Cameroun applique-t-il une politique de représailles implicites contre ses propres citoyens expulsés ? Le silence des autorités alimente les soupçons d'un traitement discriminatoire organisé.

Vers quelle justice ?

Alors que le gouvernement reste muet, une interrogation persiste : combien d'autres ressortissants camerounais subissent le même sort dans l'ombre des commissariats ?

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.