Ile Maurice: Clarel Lecordier - «One Step Together pour soutenir les personnes amputées»

interview

D'une traversée du désert en 2024 suite à une amputation, Clarel Lecordier en a fait une force. Porteur du projet Small Step Matters 2025 au visage lumineux, Clarel a lancé une page Facebook «One Step Together» pour les patients amputés et épaule aujourd'hui sa voisine Marielle dans ses démarches. Objectif : acquérir deux prothèses pour elle grâce à un appel à la générosité lancé sur la plateforme Small Step Matters.

Pouvez-vous revenir sur l'épreuve difficile qui a bouleversé votre vie ?

En décembre 2024, j'ai rencontré une complication très grave due au diabète. Les os de mon pied droit ont commencé à être affectés. Très rapidement, j'ai été confronté à une décision difficile concernant l'amputation.

J'ai été admis un vendredi soir. Très vite, j'ai passé une IRM (ARM en français : Angiographie par résonance magnétique). Dans la foulée, une consultation a été programmée avec un cardiologue et une autre avec un urologue. Malheureusement, l'infection montait très vite depuis mon pied.

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Le samedi, le médecin m'a recommandé l'amputation et j'avais jusqu'à dimanche pour rendre une réponse. Le lundi, j'ai subi la première amputation, puis deux autres opérations dans la même semaine. Je suis resté deux semaines en clinique, puis j'ai pu sortir grâce à la connexion à un appareil VAC et à un suivi en ambulatoire. C'est-à-dire que la suture avait refermé la plaie aux trois quarts, ce qui permettait à un tube de passer pour évacuer les résidus, me permettant une cicatrisation plus sûre et un rétablissement plus rapide.

Financièrement, votre situation était alors très difficile ?

Grâce à mes proches, j'ai pu couvrir les frais d'hospitalisation, de chirurgie... Même les pansements étaient très onéreux : Rs 13 000 tous les cinq jours ! Le médecin n'a pas pu sauver ma jambe, mais il a pu sauver mon genou. Tous types de prothèses existent et la technologie progresse, mais le fait d'avoir encore mon genou me permettait d'envisager de remarcher avec beaucoup d'espoir, et ce dans un avenir proche.

Fin 2024, je n'avais plus d'argent pour envisager cet équipement, quand un ami m'a parlé de la plateforme Small Step Matters. Et tout s'est enchaîné : la procédure sérieuse, approfondie, tout en étant rapide. Et la levée de fonds a atteint 100 % en trois mois. Bien sûr, la prothèse a demandé beaucoup d'ajustements, mais je suis heureux du résultat.

Votre dynamisme a aussi beaucoup joué en votre faveur pour faire connaître la campagne de levée de fonds ?

Je tiens à remercier du fond du coeur deux amis très spéciaux (ils se reconnaîtront), ainsi que tous mes amis DJ, qui m'ont aidé à organiser une soirée pour compléter la campagne et atteindre la totalité du montant, ainsi que l'équipe de Small Step Matters. Même si j'habite avec mon père, c'était primordial pour moi de me remettre debout avec une prothèse afin de pouvoir être le plus autonome possible dans ma vie de tous les jours. J'élève seul mon fils de sept ans et pouvoir m'occuper de lui, jouer au foot... cela n'a pas de prix !

Moralement, tout au long de la campagne Small Step Matters, vous avez été fort...

On ne peut pas minimiser le traumatisme que représente une amputation. Et pour dépasser cela psychologiquement et relever ce défi-là, effectivement, il faut être fort dans la tête. La première étape, c'est l'acceptation. J'ai rencontré des personnes qui témoignent d'un cheminement personnel de quatre à huit ans vers l'acceptation. Un cheminement sinueux, marqué parfois par des idées suicidaires. Et c'est vraiment chagrinant de constater le manque de suivi psychologique proposé gratuitement après une amputation.

Se retrouver seul, alité, en sortant de l'hôpital ou de la clinique, c'est vraiment difficile. Et même quand vous pouvez à nouveau sortir de la maison, je me souviens que j'étais stressé en me déplaçant en fauteuil roulant dans les lieux publics. Je ne supportais pas les regards posés sur moi. Sans compter, en plus, tous les obstacles aux déplacements : le manque d'accessibilité dans les transports publics, le non-respect des parkings réservés aux personnes handicapées par les citoyens valides...

D'où votre volonté aujourd'hui de faire bouger les choses ?

Oui, j'ai créé une page Facebook «One Step Together» pour soutenir les personnes amputées souhaitant se rassembler ou dans le besoin. Petit à petit, l'oiseau fera son nid... pour aider le maximum de personnes en situation de handicap ayant le désir de se remettre debout. w Et concrètement, vous avez débuté en tendant la main à votre voisine Marielle, pouvez-vous nous raconter votre rencontre ? Un jour, j'attendais le médecin du ministère de la Sécurité sociale sur le pas de ma porte.

J'étais souriant comme aujourd'hui, debout grâce à ma prothèse. Quand le médecin est arrivé, il sortait justement de chez une autre patiente, Marielle, et il m'a demandé si j'accepterais d'être en contact téléphonique avec elle pour l'encourager. Bien sûr, j'ai accepté ! Dès le lendemain, nous étions en contact.

Le message que je voudrais passer à Marielle, comme aux autres personnes amputées, c'est que, comme toute autre épreuve de la vie, celle-là se dépasse avec un mental fort ! Et je suis convaincu que l'énergie positive attire des retours positifs. Je souhaite donc à Marielle tout le succès possible pour sa campagne de levée de fonds sur Small Step Matters pour les deux prothèses dont elle a grandement besoin !

Marielle : L'espoir de se remettre debout

L'appel de Marielle Florelle Fanfan Van Schellebeck à travers la plateforme Small Step Matters :«Âgée de 65 ans, résidant à La Tour Koenig, Pointe-aux-Sables, je suis atteinte de diabète et je souffre de graves problèmes de circulation sanguine.Suite à des complications, j'ai été amputée de mes deux jambes, à seulement quelques mois d'intervalle l'an passé, à l'hôpital. Veuve depuis bientôt dix ans, je vis avec ma fille, qui m'accompagne au quotidien.

Depuis près d'un an, je suis malheureusement en grande partie alitée et privée de mobilité. Malgré cette épreuve extrêmement difficile, je garde espoir que, grâce à la générosité des citoyens et des entreprises, à travers la plateforme Small Step Matters, je pourrai être équipée prochainement de deux prothèses. Aujourd'hui, c'est mon plus grand souhait ! Un souhait simple, mais répondant à un besoin essentiel : retrouver mon autonomie et pouvoir marcher à nouveau grâce à ces équipements.

Cette levée de fonds d'un montant de Rs 313 500 a pour objectif de couvrir les frais liés à l'acquisition de ces deux prothèses ainsi qu'à ma rééducation. Je vous remercie par avance de votre soutien en vue de m'offrir une vie plus digne et plus active ! Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, représente un pas de plus vers ma reconstruction.»

Comment soutenir Marielle ?

  •  Par juice : Small Step Matters est accessible facilement via Pay a Merchant. Merci de spécifier un mot-clé comme référence avec le virement : Marielle
  • Numéro de compte MCB - Small Step Matters : 000444289887. Référence : Marielle.
  •  Numéro de compte IBAN pour les donations depuis l'étranger : MU59- MCBL0944000444289887000. Référence Marielle.

Chaque roupie compte pour rapprocher Marielle d'une vie plus indépendante.

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