Cameroun: Tribalisme au cameroun - Ce que cabral libii veut vraiment dire

Le député Cabral Libii signe une analyse coup de poing. Dans un texte publié récemment, le président du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) revisite la question du tribalisme au Cameroun. Sa thèse détonne dans le paysage médiatique.

Selon l'élu, le tribalisme réel serait en réalité très marginal dans le pays. Une affirmation qui contredit le discours ambiant. Mais l'élu ne se contente pas d'une provocation. Il propose une grille de lecture méthodique.

La définition précise d'un concept galvaudé

Cabral Libii commence par poser un cadre sémantique clair. Le tribalisme, explique-t-il, ne se résume pas à une préférence pour sa tribu. Il implique une loyauté exclusive, une intention délibérée de nuire aux autres groupes pour que le sien bénéficie seul des avantages.

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Cette distinction est fondamentale. Avoir une préférence pour ses origines relève du comportement humain normal. Le basculement dans le tribalisme suppose une dimension supplémentaire : la haine, l'hostilité préméditée, l'exclusion systématique.

Les exemples concrets qui éclairent le débat

Le député illustre sa démonstration par des cas pratiques. Recruter majoritairement des ressortissants de sa tribu dans son entreprise n'est pas du tribalisme en soi. Le problème surgit quand cette préférence s'accompagne de la destruction délibérée des compétences issues d'autres ethnies.

De même, militer dans un parti politique parce que son leader partage nos origines tribales relève d'un choix personnel. Le tribalisme apparaît quand cette allégeance conduit à diffamer systématiquement les concurrents des autres tribus tout en épargnant ceux de la sienne.

La réalité sociologique camerounaise revisitée

Si l'on applique cette définition stricte, conclut Cabral Libii, le tribalisme avéré concerne un nombre très limité de Camerounais. La majorité des citoyens, quelle que soit leur origine, cohabitent pacifiquement au quotidien.

Les préférences naturelles existent, certes. Elles sont humaines et universelles. Mais elles ne dégénèrent pas en hostilité systématique envers les autres groupes. Les véritables tribalistes sont si peu nombreux qu'on les identifie aisément.

Les implications politiques d'une telle analyse

Ce discours déplace le curseur du débat national. Plutôt que de s'épuiser à dénoncer un tribalisme omniprésent, Cabral Libii invite à un travail de fond. L'objectif doit être d'apprendre aux Camerounais à dépasser les stéréotypes, à se connaître profondément.

La responsabilité des professionnels de la politique est centrale dans cette entreprise. Construire des équilibres sociaux durables, libérer les énergies de la diversité, telle est la véritable mission.

Les conséquences pour l'avenir du vivre-ensemble

À court terme, cette analyse dédramatise un sujet souvent instrumentalisé. Elle rappelle que les tensions interethniques, bien réelles, ne doivent pas occulter la réalité d'une coexistence pacifique majoritaire.

À long terme, cette approche ouvre la voie à des politiques publiques centrées sur l'intégration plutôt que sur la seule dénonciation. Elle replace la construction d'équilibres sociaux au cœur du projet national.

Une question demeure : le discours de Cabral Libii parviendra-t-il à apaiser un débat public souvent caricatural sur les questions tribales au Cameroun ?

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