Afrique: Ressortissants africains dans le Golfe - Le réveil brutal sous le sillage des missiles

4 Mars 2026

Alors que le duel militaire entre l'axe américano-israélien et l'Iran embrase le Moyen-Orient depuis le 28 février, des milliers de citoyens africains se retrouvent pris au piège d'une guerre totale. Entre les évacuations d'urgence à Bahreïn et l'état d'alerte permanent aux Émirats Arabes Unis, les témoignages de ceux qui vivaient dans l'illusion d'une stabilité inébranlable décrivent une réalité désormais rythmée par le fracas des explosions.

Pour Germain Mendy, un vacancier sénégalais venu rendre visite à son frère à Bahreïn, le séjour a basculé dans l'effroi dès les premières salves. Logé à proximité immédiate de la base navale américaine, siège de la 5e flotte et cible stratégique des ripostes iraniennes, il a dû évacuer son hôtel dans la précipitation. Selon des témoignages de terrain diffusés par TV5 Monde Afrique, le bruit des bombardements est devenu une constante macabre, forçant des centaines de civils de toutes nationalités à chercher refuge dans des jardins publics, fuyant la proximité dangereuse des sites militaires.

Cependant, cette situation de siège, marquée par des explosions incessantes, paralyse désormais tout espoir de retour immédiat. Initialement prévu pour le 4 mars, le vol de ce ressortissant sénégalais est suspendu à une date ultérieure inconnue après qu'un drone a visé l'aéroport de Manama, illustrant l'extension du conflit aux infrastructures civiles les plus névralgiques de la région.

Par ailleurs, aux Émirats arabes unis, la sidération l'emporte sur la panique, bien que l'inquiétude soit profonde. Pour Nouha Belaïd, une Tunisienne résidant à Abou Dhabi, l'idée même que la capitale puisse être une cible semblait inconcevable. Dans des propos relayés par ce même média basé à Paris, elle confie avoir d'abord cru à un simple accident lors des premières détonations de samedi, avant que les alertes officielles ne la rappellent à la réalité du conflit.

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Comme beaucoup d'expatriés africains, elle vit désormais avec un bagage de survie prêt à l'emploi, contenant passeport et argent, symbole d'une précarité soudaine dans un pays jadis perçu comme un havre de paix. Si elle tente de maintenir une routine professionnelle, la réalité du terrain est plus sombre : au troisième jour des hostilités, des attaques de drones ont provoqué des incendies sur des sites de stockage de carburant et touché directement des centres de données stratégiques.

Enfin, au-delà de ces récits individuels, c'est toute la vulnérabilité des diasporas africaines massées dans le Golfe qui éclate au grand jour. Qu'ils soient travailleurs qualifiés ou touristes de passage, ces ressortissants subissent de plein fouet la fermeture des espaces aériens et la suspension des liaisons commerciales. Pour les chancelleries de Dakar ou de Tunis, l'enjeu est désormais d'identifier et de protéger des citoyens dont le quotidien a été balayé par une guerre dont ils ne sont que les spectateurs impuissants, loin de leurs terres d'origine.

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